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mercredi 29 novembre 2006

Merveilleux Maurice Denis

Le musée d'Orsay accueille jusqu'au 21 janvier la première exposition significative consacrée à ce pilier du mouvement nabi, avec Vuillard et Bonnard. Une exposition superbe, à voir absolument.

Ce peintre, peut être le plus catholique de nos peintres du XX ème siècle, nous a laissé un oeuvre complexe et symboliste, mais toujours décoratif voire somptueux, et toujours joyeux. Les toiles de Maurice Denis sont au premier contact des feux d'artifice de couleur et de lumière.

Lumière, couleur

A l'instar d'un Claude Gellée, certaines toiles de Denis semblent avoir pour sujet principal la lumière. Il fuit la tiédeur, à laquelle il préfère les effets de l'aube, ou ceux d'un soleil rouge rasant et son effet au sommet des pins. A la différence de Claude Gellée, pour qui ils ne sont qu'un prétexte, les personnages qui vivent au premier plan restent fondamentaux pour Maurice Denis. Sans eux, les toiles n'auraient plus de sens.

Au milieu des nabis, Denis est à mon goût le plus talentueux. Bonnard, auquel le musée d'art moderne de Paris a consacré une rétrospective en début de l'année, ne sort pas indemne de la comparaison. Oserais-je dire que Denis savait dessiner incomparablement mieux que Bonnard ? Certes l'on sent parfois un certain relâchement chez Denis, et des erreurs de perspectives, mais ses galeries de nus, par exemple les baigneuses à la plage, sont toujours convaincantes, parfois excellentes.

La couleur explose chez Maurice Denis, à l'exception d'une période pastel "désaturée" un peu décevante - paradoxalement concernant la Toscane, pays de couleurs vives. La couleur chez Denis est toujours exaltée, jamais tiède. On dirait de ses toiles qu'il s'agit d'un pré-raphaélisme post-impressionniste (exemple ). Certaines de ses oeuvres n'aurait pas détonné en effet au milieu des maîtres anglais.

Dans ses "aplats", il préfigure de Staël. Dans ses dégradés par touches, par exemple sur de beaux visages, il prolonge Cézanne. Avec le maître d'Aix, qu'il a fréquenté, il partage également le goût pour la structuration de l'espace à base de grandes lignes verticales et horizontales, nulle part plus éclatant que dans ses bois sacrés, peuplés de nymphes ou de communiantes, ou les deux à la fois.

Son utilisation de la couleur est libérée par le cloisonnisme, une technique qu'il partage avec Gauguin, et qui permet, à l'instar du vitrail, d'isoler certains groupes par des délimitations exacerbées, ce qui rend à la fois plus visible le sujet, et plus vibrant le contraste.

Catholicisme

Maurice Denis, c'est aussi le peintre catholique, une religion omniprésente dans son oeuvre. Un peu mise à l'écart de l'exposition, cette thématique apparaît dans la vidéo consacrée à la chapelle de son prieuré. On y mesure les souffrances personnelles de l'artiste, confronté à la longue maladie et au décès de sa chère Marthe.

Belle leçon de christianisme, ces souffrances ne font que renforcer la joie qui transparait dans ses toiles. Souvent nostalgiques, ses oeuvres ne sont jamais morbides, ni dégoulinantes de religiosité gnan-gnan (on dira "saint-sulpicienne"). Au contraire, le bonheur est recherché, coloré. "L'art, le bonheur, la Foi". C'est le titre du dossier que lui consacre le magazine Famille Chrétienne dans son dernier numéro. Un titre excellent, car ce sont les trois mots qui viennent à l'esprit lorsqu'on quitte l'exposition.

Maurice Denis est le peintre de la félicité familiale. Dans ses scènes nombreuses de complicité entre la mère et les enfants, il est le digne héritier de la tradition des maîtres de la renaissance, avec toute la poésie d'un Andrea Mantegna, et toute la simplicité moderne d'une Berthe Morisot.

Classicisme

Formellement, Denis appartient au néo-classicisme. Un mouvement auquel un Maillol peut être rattaché, et on ne sera pas étonné que les toiles de Psyché et Amour résonnent parfaitement avec les statues du sculpteur destinées au même ensemble, jusqu'à une singulière proximité. Avec Maillol, il partage aussi le goût de la belle chair (carnation ou incarnat en termes techniques). Dessinateur de talent, il était armé excellement pour renouveller le genre des grandes peintures murales. De l'art de la "fresque", il en parle comme du "sommet de la peinture", une vision à laquelle adhérera tout amoureux de la renaissance italienne. Un des mérites de l'exposition est d'offrir à nos yeux et pour la première fois en France la série de Psyché et Amour. Une merveille. (exemple, exemple, exemple ).

Symbolisme

J'ai souligné que l'exposition n'insistait pas trop sur son catholicisme. En revanche de nombreuses toiles religieuses sont présentées. C'est en réalité au niveau des explications que pêche la rétrospective d'Orsay. Symboliste, Maurice Denis compose des scènes complexes, fourmillant d'allusions et d'allégories (un autre héritage de la Renaissance ?). De ces "vivants piliers", l'exposition ne nous donne malheureusement pas la clé. On reste sur sa faim.

Terminons sur une note que certains diront paranoïaque. On peut se demander si Denis n'aurait pas connu plus de succès, de son vivant et après sa mort, s'il avait été plus communiste, et moins catholique ...

Sélections d'oeuvres sur le Web : Art Renewal Center et Olga's gallery


mercredi 15 novembre 2006

De "l'Europe moyenageuse barbare" qui a tout appris des musulmans ...

Suite à un article portant sur les heures sombres de l'Andalousie musulmane, un visiteur de passage m'explique que les arabes "ont surtout apporté la lumière à une Europe qui sombrait dans la barbarie et de ce fait ont lancé les fondements d'une civilisation européenne".

Profitons-en pour faire un point sur ce sujet brûlant d'actualité car la thèse défendue par ce visiteur, et en filigrane par certains manuels d'histoire et par de nombreux médias, cette thèse donc vise à faire accepter par les européens une présence arabo-musulmane forte sur leurs sols. Elle n'a rien à voir avec la vérité historique.

Voila quelques réflexions sur le sujet. J'aime à croire mon opinion éclairée étant donné mon "bagage" et ma fréquentation des recherches contemporaines les plus pointues dans le domaine de l'histoire de "l'ancien monde".

Ce qui saute aux yeux lorsque l'on étudie l'histoire, c'est, au contraire, l'échec de la civlisation arabo-musulmane. Après l'effondrement du monde gréco-romain, son éternel concurrent le monde oriental, représenté en l'occurence par l'empire sassanide dans les habits duquel l'islam naissant s'est glissé, à bénéficié d'une incroyable combinaison de facteurs positifs. Pas de rival politique ou militaire à l'ouest. Situation centrale dans les échanges commerciaux, culturels et technologiques. Richesses et savoirs accumulés en Syrie et à Alexandrie, vue aujourd'hui comme la capitale scientifique du monde romain. La plupart des riches cités du monde romain se trouvait en méditerranée orientale, on l'oublie trop souvent.

Qu'a fait la civilisation arabo-musulmane de cet héritage ? Certes les conquêtes militaires sont nombreuses, processus en tout point similaire à une colonisation d'ailleurs, et accompagné de son cortège de barbarie (cf. cf. la bataille de Poitiers racontée par un historien arabe médiéval).

Les historiens s'accordent pour parler de déclin du monde musulman à partir du XI-XII ème siècle. L'age d'or musulman n'a donc duré que quelques siècles, période étonnement courte pour une "civilisation qui nous aurait tout apporté".

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dimanche 12 novembre 2006

L'art de l'An Mil en Europe

La maison d'édition Thalia, nouvelle venue de 2006, nous propose un bel ouvrage intitulé l'art de l'an mil en Europe.

L'an Mil, rappelez vous : nous n'étions alors que des bêtes un peu tropglodytes, vivant de la consommation de racines et de glands, en attendant que, ****** ouakbar ! l'orient nous enseigne sa grande sagesse et science, en particulier dans le domaine de l'art.

Dirigé par la médiéviste italienne, Liana Castelfranchi Vegas, ce beau livre d'art nous invite à reconsidérer cette vision officielle et à redécouvrir la magnificence et la perfection technique des arts carolingiens et du premier age roman, qui doivent peu à l'Orient "islamique". Si la plupart des oeuvres de cette période ont disparu, le peu qui reste est suffisamment éclatant.

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vendredi 10 novembre 2006

Patrimoine : Le Sénat tire la sonnette d'alarme

La commission des affaires culturelles du Sénat a livré hier un rapport alarmant sur l'état du patrimoine, menacé par les coupes claires budgétaires pratiquées par l'administration Chirac. Cette dernière, gouvernée par les lobbies et les modes est trop occupée à couver les intermittents du spectacle ou la culture gangsta. Mr. Donnedieu de Vabres défendait récemment sur France 3 le devoir de mémoire. Il parlait bien entendu .... de l'Arménie ! En attendant, il est le pire ministre de la culture des dernières décennies. Même Jack Lang lui est préférable, et ca me coute d'écrire cela !

rappel de la situation

pétition de la Tribune de l'Art

Le Sénat, fidèle à sa tradition de think tank de la République française, dont émergent tous les ans beaucoup de bonnes idées, ne se contente pas de tirer la sonnette d'alarme. Il apporte des solutions. Certaines viennent, qui s'en étonnera ? d'Angleterre. En particulier l'idée de consacrer une partie des recettes du Loto au patrimoine, comme cela se pratique outre-manche ( où elles servent à l'entretien du patrimoine et aux new acquisitions des musées).

Sur le plan financier, le Sénat recommande de garantir un budget d'au moins 350 millions d'euros par an. Si cela vous parait une somme considérable, pensez donc le musée du Quai Branly (futur musée Jacques Chirac) a coûté précisément cette somme.

Le Sénat prend enfin la mesure d'une évidence : l'Etat est en route vers la défaillance (en d'autres termes la faillite) si les tendances actuelles des finances publiques persistent, et se trouve soumis à toujours plus de pressions (obligé dorénavant d'acheter la paix dans certains quartiers). ll n'est plus capable d'entretenir que les plus gros morceaux (pour combien de temps ?). C'est au secteur privé de faire le reste. Je ne dirais pas de prendre la relève, puisqu'historiquement c'est le secteur privé, et lui seul, qui a sauvé le patrimoine après la catastrophe de 1789, au cours du XIX ème s., et après la seconde guerre mondiale. 6 des 13 mesures du rapport sénatorial sont dédiées au soutien au secteur privé.

rapport complet, synthèse

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mercredi 8 novembre 2006

Nicolas Hulot l'anti-chrétien ...

Quand l'on reparle beaucoup du très populaire Mr. Hulot.

Ancien proche de Chirac, il avait convaincu ce dernier de freiner le renouvellement du parc nucléaire français (est-ce bien le moment ?). Il aurait même retardé la mise en chantier de l'EPR, dont les travaux ont heureusement débuté.

Il rêverait d'un poste de vice-premier ministre chargé de l'environnement, et serait prêt à toutes les alliances pour l'obtenir, en l'échange de ses bons conseils.

Occasion, puisque nous sommes entre-nous, de rappeler les thèses de Nicolas Hulot sur la religion, dont il a souvent distillé des éléments dans ses émissions :

  • la religion chrétienne ne respecte pas la nature, elle veut la dominer.
  • en revanche les religions ou spiritualités traditionnelles, en particulier dans les pays en développement, proposeraient un modèle de coexistence avec la nature.

Il est évident que c'est le développement économique, et en conséquence les moyens dont dispose l'homme, qui conditionnent son rapport à la nature. Les chinois, si "respectueux" en théorie, sont-ils oui ou non actuellement parmi les plus fantastiques pollueurs et destructeurs de la planête ?


vendredi 3 novembre 2006

La BAF s'en prend à Che Guevara

La BAF s'en prend à l'insupportable mode des vêtements Che Guevara, ce criminel sectaire bien éloigné de l'image du libérateur humaniste colportée par les imbéciles de gauche. (via 5-yearslater)

A noter, la réaction typique du gauchiste sectaire qui traite d'extrémistes de droite ceux qui osent questionner le culte du Che.

 

 

 
A ce propos, vous avez sûrement raté hier soir, au cours de l'émission des Racines et des Ailes, un des rédacteurs du routard s'extasiant devant un hôtel dont les chambres étaient redécorées pour rappeler la Révolution culturelle, et son abri anti-aérien transformé en bar avec déco Grand Timonier. Et pourquoi pas un bar Goebbels tant qu'on y est ?