L'auteur de "la confusion des genres" (Bayard) récidive, avec "De chair et de parole", son nouveau missile.

Fondé sur une précision sémantique sans faille, des statistiques incontestables, et une capacité à décortiquer les mécanismes de la propagande des lobbies, son ouvrage nous plonge dans le coeur de la machine médiatique et intellectuelle qui prétend "refonder" la famille et les relations sociales sur des bases idéologiques. Il nous donne des armes intellectuelles pour la contrer, et des arguments pour la battre.

I. La chair structure la paternité

Le fondement de l'ouvrage, qui inspire son titre est l'idée que la famille ne peut exister sans la chair, autrement dit le rapport à la biologie. Le langage manifeste cette relation, une idée déjà explorée dans la "confusion des genres" ("le verbe et la chair ont partie liée"). L'auteur s'élève face au courant qui nie l'importance du corps et de la biologie, et ses implications sur la famille et la paternité. Pour Xavier Lacroix, "le corps est source de sens".

Le thème de la chair n'est nul part plus visible que dans la remise en question de la question de paternité. Mr. Lacroix souligne à juste titre que "le plus inquiétant n'est pas l'érosion du mariage mais celle de la paternité". Le père est devenu le "maillon faible" du système. On ne parle plus de "la famille" mais "des familles". On n'utilise plus "parent" au pluriel mais au singulier. L'époque est à la déliaison, qui s'exprime dans le domaine de la famille par la dissociation des dimensions de la parentalité (le charnel, le symbolique au travers du nom, et l'éducatif).

Mr. Lacroix nous alerte également sur la disparition du concept de "parenté", trop biologique, remplacé par "parentalité" qui se débarasse de la relation au corps. C'est le règne des "concepts vagues", adjectifs substantivés qui marquent la domination d'un contexte fonctionnaliste (les parents sont interchangeables).

Sur la question de l'homoparentalité, Xavier Lacroix dénonce le mensonge médiatique selon laquelle "il existerait des vides juridiques". C'est faux, répond l'auteur. La loi autorise d'ores et déjà des "déléguations de parentalité". "Seuls" 30000 enfants sont concernés par cette situation, et non pas des centaines de milliers comme le prétend le lobby gay. La raison de ce mensonge, c'est la volonté du lobby gay d'obtenir des victoires symboliques, permettant de vider à tout jamais les mots père, parents et familles de leur sens "charnel". Pour mieux nous interdire de penser.

Dans la "confusion des genres", Mr. Lacroix cite cet extrait de 1984 de George Orwell, si éclairant dans le cadre de notre débat, en établissant un lien entre le totalitarisme et la manipulation du langage :

"le but du novlangue était non seulement de fournir un mode d'expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l'angsoc (socialisme anglais), mais de rendre impossible tout autre mode de pensée".

Mr. Lacroix reste fidèle a son argumentation pragmatique : "que des situations complexes existent est une chose, qu'à cause d'elles la définition de la famille doive être modifiée en est une autre". Certaines situations peuvent nécessiter un aménagement pratique, à défaut d'être législatif ou moral. Cette position s'inscrit dans une perspective chrétienne d'accueil et d'ouverture, mais répond fermement sur le fond aux revendications catégorielles et symboliques qui se maquillent en émotion.

(suite dès demain : défense de la famille et du mariage)