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jeudi 27 septembre 2007

Ce soir, c'est banquise - des abus de la religion environnementale

Le Grenelle de l'environnement approche à grand pas, et ses gros sabots sont déjà insupportables. Il va falloir subir deux mois de lavage de cerveau dignes de l'Allemagne de l'est. En attendant, la banquise est à l'honneur tous les soirs à la télévision, avec son lot d'absurdités pseudo-scientifiques (comme les "ours blancs maigres et affamés" entendu hier soir au JT de TF1).

Y aurait-il une crise de production des céréales ? Sans que nos prétendus-experts bruxellois n'y comprennent rien, un changement radical du paysage agricole se profile sous nos yeux. En 2006 l' administration Chirac et son tandem Breton-Prost lancent fièrement la promotion du bio-éthanol, conçu comme un moyen de sauver notre industrie automobile (en retard sur les hybrides) et notre agriculture. Une réponse largement critiquée aux problèmes de pollution, puisque les bio-carburants ne sont pas encore au point (bilan énergétique insuffisant). Question : les français sont-ils prêts à payer leur pain plus cher pour que l'on mette en place des quotas de bio-carburants, ce dont rêvent pas mal d'idéologues bruxellois ?

Autre considération piquante, les OGM s'avèreraient nécessaires pour ... lutter contre la pollution. Les bio-carburants en sont un domaine d'application, par le développement de plantes offrant un meilleur bilan énergétique (ce que vous devez dépenser en énergie pour planter et récolte vs. ce que vous apporte en énergie votre plante). Dans le domaine porteur de la bio-régénération des sols, le développement de super-plantes dépolluantes passera aussi par les OGM au dire de nombreux experts.

Aborder le Grenelle de l'environnement alors que la plupart des débats ne sont pas sereinement et honnêtement posés, c'est prendre le risque de se voir imposer une salve de mesures démagogiques et mal-pensées (cf. le flop des experts en agriculture de Bruxelles) dont les conséquences seraient terribles. De ce point de vue, l'action-spectacle est aussi grave que l'inaction. Il faut à tout prix se garder du malthusianisme, c'est-à-dire des mesures quantitatives visant à limiter le développement économique, la production, la circulation des biens et des personnes. D'une part les prévisions d'experts sont toujours prises en défaut, et d'autre part l'Europe dont la croissance est systématiquement en retrait des autres ne peut pas se le permettre. Enfin et surtout, la planête n'a pas besoin d'idéologie et de quotas, mais d'intelligence et d'innovation scientifique.

Paris n'en peut plus de célébrer ses Vélibs. Même Chicago en voudrait ! Pendant ce temps, les taxis de New York seront tous hybrides à partir de 2010 (car les constructeurs américains comme Ford s'y sont mis). D'un côté de l'atlantique, politique spectacle aux conséquences marginales. De l'autre côté, adaptation rapide à une innovation technologique importante dans des conditions économiques quasiment neutres. Un exemple qui parle de lui-même ...


lundi 24 septembre 2007

Les mensonges fondateurs de la république : la guerre des manuels scolaires (1871 - 1914)

Que deviendrions-nous sans CanalAcademie pour nous instruire et nous éclairer ? C'est ce que l'on se dit à l'écoute de cette brillante communication donnée par l'historien Jacques Dûpaquier devant l'Académie des Sciences Morales et Politiques en novembre 2005. A l'occasion de l'anniversaire de la loi de 1905, Mr. Dupâquier revient sur la propagande républicaine, et sur l'invention de mythes dont la vie est tenace - et parfois encore utilisés. Ainsi de la fable des paysans de l'Ancien Régime "se nourrissant de racines" que nous avons tous entendu évoquer un jour. L'historien illustre avec brio combien la caricature était grossière (cf. les exemples ci-dessous). Il montre également que cette caricature était volontairement mensongère. La science historique est sommée de s'effacer devant l'idéologie républicaine. Comme l'énonce Mr. Dupâquier :

" les scrupules et les honnêtetés de l'historien allaient être balayés par l'idéologie progressiste grâce à l'introduction de l'instruction civique dans les programmes en vertu de la loi du 28 mars 1882 "


(Lire la suite...)

dimanche 23 septembre 2007

La renaissance des Bernardins dans quelques semaines

Quelques belles images pour oublier le vandalisme, celles d'une renaissance. Annoncée pour octobre 2007, il faudra peut être attendre quelques semaines de plus pour découvrir le nouvel aménagement de ce remarquable édifice médiéval, un des rares survivants des massives destructions qui défigurèrent Paris et privèrent notre belle capitale d'une âme irremplaçable, d'une profondeur culturelle, et d'un potentiel touristique qui fait de plus en plus défaut. Si Paris fut le centre du monde artistique et intellectuel au XIII ème siècle, il n'en reste rien ou presque. Les destructions des monuments médiévaux furent nombreuses avant la révolution. Elles furent massives au lendemain de la révolution lorsque les monuments, vendus comme biens nationaux, furent souvent rachetés par des entrepreneurs en bâtiment qui les dépecèrent. Soyons clair : ces destructions n'ont pas été une conséquence malheureuse. Bien au contraire, le motif principal de la dissolution des congrégations en 1789 fut la récupération des gigantesques domaines immobiliers des abbayes. Pour ce motif financier, des milliers de magnifiques bâtiments, leurs vitraux, leur programme sculpté, leurs tombeaux, leurs mosaïques, leurs fresques, tout fut détruit sans le moindre relevé. A Paris, les destructions continuèrent malheureusement jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Le premier empire acheva la ruine des abbayes parisiennes au lieu de les relever. Les travaux haussmaniens ravagèrent l'ile de la cité, et la cité universitaire médiévale fut totalement éliminée - ainsi la bibliothèque du collège de Navarre, devenue école polytechnique, détruite en 1860. L'hôtel de la Trémoille, superbe édifice de la même époque que l' hôtel des abbés de Cluny, le fut dans les années 1880.

Bref, du patrimoine parisien médiéval ne demeure, en dehors de la cathédrale, de quelques églises et chapelles, que quelques monuments : le réfectoire des Cordeliers (à Odéon), le réfectoire de Saint-Martin des Champs (magnifique oeuvre attribuée à Pierre de Montreuil), le logis des Bernardins, la Conciergerie, les hôtels de Cluny et Sens (fort remanié), la poterne de l'hôtel de Clisson et la tour de l'hôtel de Bourgogne (dite tour de Jean sans peur). En dehors de cela, quelques caves voutées, et murs, comme le remarquable pignon du réfectoire de Saint Germain des Prés - autre oeuvre insigne du grand Pierre de Montreuil (*).

Le réfectoire XIII ème du collège des Bernardins est à plusieurs titres l'un des fleurons de ce maigre - mais remarquable corpus. Il s'agit, comme la plupart des constructions monastiques médiévales, d'un bâtiment de plan simple mais d'une remarquable réalisation. Plusieurs niveaux voutés, sans séparations, entre deux murs pignons sous une toiture à deux pans et à forte pente. Au sous-sol, un superbe cellier, jusqu'alors à demi enterré. L'étage principal est éclairé par une succession de grandes fenêtres à remplages. Aux Bernardins, la taille du bâtiment explique sa particularité : ses trois nefs, c'est-à-dire les deux colonnades parallèles. Un caractère assez courant à la période médiévale, aujourd'hui unique à Paris, et rare en France. Quant au reste du collège, il n'a pas survécu à la révolution, en particulier l'église, qui bien qu'inachevée semble fort belle sur les quelques documents que nous possédons - en particulier les gravures de Marot et le plan Turgot.

Occupés par diverses activités et par une compagnie de pompiers depuis 1789, le réfectoire (et la petite sacristie attenante) ont été récemment rachetés par le diocèse à la ville de Paris. Destinés à héberger l'école cathédrale, mais aussi un centre culturel, c'est un cadeau du cardinal Lustiger. Reste à évaluer la qualité de la rénovation. Si tout est mieux que la sombre caserne compartimée que quelques parisiens connaissaient, on attend impatiemment d'évaluer les aménagements modernes, en particulier en ce qui concerne le dernier étage, ruinés par les précédentes occupations, et totalement reconstruits ainsi que la charpente. La photo ci-dessus prises en cours de travaux laisse par exemple penser que les remplages des fenêtres n'ont pas été tous refaits.


(*) signalons aussi la tour du collège Fortet et ce qui reste du réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève


jeudi 20 septembre 2007

Un beau château Louis XV détruit dans le Nord.

Des images rageantes. Comment cela est-il possible dans la France de 2007, réponse à la fin de l'article. Bref, le joli petit ensemble ci-dessous, chateau bâti en 1768, entouré d'agréables communs et prolongé par un charmant jardin et un magnifique bassin, tout cela situé à Hardinguen dans le Nord a fini sous les coups de la pelleteuse. (Selon l'excellente Tribune des Arts, via le Salon Beige)



Selon un échange aigre-doux mais fort instructif entre la Tribune des Arts et un responsable du patrimoine, une procédure de sauvegarde avait été lancée. L'acheteur, un promoteur vandale, profitant d'une faille de la loi, a pu néanmoins faire raser le monument en urgence. Voila un chantier dont Mme Albanel devrait se saisir. En effet cette pratique de la "destruction d'urgence" est-elle malheureusement courante.

Il me souvient qu'il y a quelques années le groupe Bouygues avait fait détruire en urgence un hall art déco magnifique (en Normandie ou en Bretagne) pour contrer une procédure de sauvegarde qui avait été initiée. Le même groupe Bouygues joue aujourd'hui les mécènes au Garde-Meubles Royal (place de la Concorde), et TF1 nous fait la promotion des journées du patrimoine. Mais quand nous regardons ailleurs ... Si vous me permettez cette considération un tantinet populiste, le fric dirige, et les médias enfument.


mardi 18 septembre 2007

Quel crime, l'avortement ... des petites filles !

L'Unicef tire la sonnette d'alarme : en Inde, on avorte des filles ! Près de 10 millions en 20 ans, tout de même. Et pourquoi cela inspire-t-il une crainte à cet organisme plutôt progressiste ? (par là il faut comprendre que le droit à l'avortement constituerait un progrès). D'une part, cela constitue une grave discrimination. D'autre part, cela entraine à terme un déséquilibre démographique. Or l'on sait que les "réservoirs de jeunes hommes" non mariés constituent un facteur de troubles politiques, voire de guerre.

Il s'agit d'un authentique drame, et l'un des nombreux fruits du progressisme qu'il parait difficile de qualifier de progrès. Il existe sûrement d'autres moyens que l' avortement pour réguler la dramatique sur-natalité des pays en développement, susceptible de ruiner leur économie et leur environnement.

Rien d'étonnant à ce que les institutions et les médias progressistes s'emparent de ce sujet (comme le magazine First Post titrant "massacre of the innoncents"). Sauf que ... jamais l'on oserait parler de massacre des innocents en ce qui concerne l' avortement massif dans les pays occidentaux ( plus de 200 000 par an en France, alors que nous souffrons d'un dangereux déficit démographique). Celui qui oserait établir un parallèle serait traité de facho, de réactionnaire.

C'est une illustration de la situation intellectuelle dramatique du progressisme, condamné à l'incohérence et au contresens à force de vouloir défendre l'impossible, l'innommable, le tout et son contraire. A vouloir défendre les "classes populaires" et les immigrés, les islamistes et les féministes ou les gays, les petits paysans et les écolos, les multinationales du show-biz et l'anti-mondialisation, le progressisme est aujourd'hui réduit à massacrer le vocabulaire, à le vider de tout sens pour empêcher les citoyens de voir sa défaite. Fut un temps où sortaient de la rue d'Ulm des bataillons de communistes sur-intelligents - mais néanmoins autistes. Aujourd'hui, c'est à la propagande massive de journalistes complices que le progressisme doit son salut, faute de matière grise.

Au passage, l'on apprend que l'avortement sélectif des filles était recommandé par un texte sacré hindou, le Vedas, daté de 3000 ans. Comme quoi, si vous me permettez cette considération, le christianisme n'est pas la pire des religions ...


vendredi 14 septembre 2007

Les croisades et les prétendus-pogroms anti-juifs

Ce sujet fondamental mérite un insert. Abordant donc sur Canal Academie la première Croisade, en compagnie de l'excellent Christophe Dickès, Mr. Heers nous apprend que les pogroms anti-juifs des Croisades ... n'ont pas existé en tant que tels. Des pogroms attribués aux "particuliers", en réalité "grugés" lors de la vente de leurs biens, réduits à la mendicité, à la disette, et soumis aux tarifs exhorbitants des accapareurs tout au long du trajet du pèlerinage. Ces groupes de pèlerins s'en prenaient aux gens des villes, en particulier les marchands et les usuriers, indifféremment juifs ou chrétiens, et sans que cela découle d'une haine anti-juive. Par ailleurs on a la preuve que des religieux chrétiens, tel l'évêque de Mayence, aurait organisé la protection des populations juives lors de ces évènements sporadiques.


Découvrir la première Croisade avec Jacques Heers

Une fois de plus, c'est à Canal Academie que nous devons le privilège et le bonheur d'un entretien avec Jacques Heers, directeur du département d’études médiévales de la Sorbonne, sur un thème fondamental : l'appel de Clermont de 1095, la première Croisade, et son enseignement contemporain.

Pour commencer, on trouvera dans les propos de Mr. Heers une justification de notre "engouement" pour le travail de Canal Academie, un rare espace de liberté d'opinion ou il est possible de parler d'histoire et de culture sans le filtre de la propagande du temps, et de ses commissaires politiques, mais également sans le filtre de la subjectivité et de la simplification journalistique (et commerciale - cf. mon insert sur la Fnac).

JACQUES HEERS : " on ne peut pas éviter un divorce entre ce que l'historien écrit, ce qu'il a trouvé (...) et ensuite ce qui est divulgué dans la presse commune, même une presse de qualité "

Adieu, évidemment, le Point, l'Express et leurs marronniers historiques navrants (les cathares, les Croisades, les guerres de religion tous les deux ans). Adieu, aussi, les médias prétendument-culturels, comme France inter, Arte, France Culture.

En cause également, l'enseignement de l'histoire à l'école. Comme l'affirme, désabusé, Mr. Heers :

" les thèses historiographiques n'aboutissent généralement jamais dans l'enseignement scolaire "

Tout cela pour nous rappeler que l'enseignement de l'histoire est la MERE DES BATAILLES.

En ce qui concerne notre thème, Mr. Heers nous apporte quelques éclairages fondamentaux, tout en reconnaissant le manque de sources historiques primaires (ce simple aveu nous fais entrer dans le monde de l'histoire scientifique, à mille lieues du révisionnisme pratiqué par les médias) :

  • le terme de Croisade n'a pas été utilisé pendant les premières croisades. On parlait de "pèlerinage", puis de "voyage outre-mer"
  • on ne peut pas parler de "conquête" mais de "reconquête" : lorsque les croisés arrivent à Antioche, la ville n'est occupée par les musulmans que depuis ... 15 ans ! La prise de Jérusalem se fait contre les armées égyptiennes, qui n'ont repris la ville aux turcs que depuis 1 an !
  • La guerre féodale, encadrée par la "paix de Dieu" appliquée strictement, était non seulement loin de la barbarie habituellement dépeinte, mais moins violente que la guerre moderne : elle épargnait certains lieux, certaines catégories de la population (femmes et enfants en particulier), et certains jours de la semaine
  • La numérotation des croisades est ridicule et non historique.
  • Les Croisades ont été un "succès", dans la mesure où elles ont permis de rétablir durablement la liberté de "pèlerinage"
  • Les Croisades ont probablement retardé de 400 ans la chute de Constantinople - malgré le faux paradoxe de la prise de la ville par les croisés
  • Lors de la première croisade, et de l'appel de Clermont, on ne part pas combattre l'islam ou les musulmans, puisque cette religion était tout bonnement inconnue par les foules en occident

A écouter ici.

PS : je prie messieurs & dames les trolls qui voudraient m'accuser de racisme, de haine ou m'interdire d'aborder le sujet des croisades de bien vouloir adresser leur vaine complainte directement à Mr. Heers, Université Paris-Sorbonne, 1 rue Victor Cousin, 75230 Paris cedex


mercredi 12 septembre 2007

Le Testament de Saint Louis

Quel beau texte que ce testament de Louis IX à son fils Philippe le Hardi. A la fois simple et humain, ainsi qu'on imagine Saint Louis, à mille lieues de Machiavel. Un texte qui illustre également un rare moment où domine l' idéologie de convergence avec "Sainte Yglise". On sait quelles relations, de conflits mais aussi d'alliances objectives, ses successeurs entretiendront avec la papauté. (Lu sur Salve-Regina.com via le blog Petrus-Angel)

"

Beau Fils, la première chose que je t’enseigne est que tu mettes tout ton cœur à aimer Dieu. Car sans cela nul ne peut se sauver.

Garde-toi de faire chose qui à Dieu déplaise, c’est-à-dire mortel péché. Tu devrais même souffrir toutes manières de tourment plutôt que de pécher mortellement.

Si Dieu t’envoie adversité, souffre-la en bonne grâce et en bonne patience, et rends-Lui en grâce et pense que tu l’as bien desservi et qu’il tournera tout à ton profit.

S’il te donne prospérité, L’en remercie humblement, en sorte que tu n’en sois pas pire ou par orgueil ou par autre manière, de ce dont tu dois mieux valoir. Car l’on ne doit pas Dieu de ses dons guerroyer.

Confesse-toi souvent, et élis confesseurs prud’hommes qui te sachent enseigner ce que tu dois faire et de quoi tu dois te garder…

Le service de Sainte Eglise écoute dévotement sans bourder et rire, regarder çà et là ; mais prie Dieu de bouche et de cœur en pensant à Lui dévotement et spécialement à la Messe à l’heure que la Consécration est faite.

Le cœur aie doux et pitoyable aux pauvres et à ceux qui souffrent de cœur et de corps, et les conforte et leur aide selon ce que tu pourras.

Maintiens les bonnes coutumes du royaume et les mauvaises abaisse.

Ne convoite pas sur ton peuple, ne le charge pas d'impôts ni de taille, et si ce n’est par trop grand besoin.

Si tu as quelque affliction de cœur, dis-la aussitôt à ton confesseur ou à quelque prud’homme. Ainsi tu la porteras plus légèrement.

Gardes que tu aies en ta compagnie tous prud’hommes, soit religieux, soit séculiers ; aie souvent parlement avec eux et fuis la compagnie des mauvais.

Et écoute volontiers les semons ou publics ou privés ; et recherche volontiers prières et pardons.

Aime tout bien et hais tout mal en quoi que ce soit.

Nul ne soit si hardi qu’il dise devant toi parole qui attire ou pousse à pécher, ou qu’il médise par détraction.

Ne souffre que l’on dise devant toi nulle vilenie de Dieu ni de ses saints, que tu n’en fasses tantôt vengeance.

Rends souvent grâces à Dieu de tous les biens qu’Il t’a faits, afin que tu sois digne d’en plus avoir.

Pour justice et droiture garder, sois raide et loyal envers tes sujets, sans tourner ni à droite ni à gauche, mais toujours droit.

Et si un pauvre a querelle contre un riche, soutiens le pauvre plus que le riche jusques à temps que la vérité soit éclaircie.

Si quelqu’un a querelle contre toi, sois toujours pour lui et contre toi jusque l’on sache la vérité. Car ainsi jugeront les conseillers plus hardiment selon droiture et selon vérité.

Si tu retiens rien d’autrui, ou par toi ou par tes devanciers, si c’est chose certaine, rends sans tarder. Si c’est chose douteuse, fais enquérir par sages hommes en hâte et diligemment.

À cela tu dois mettre toute ton attention que tes gens et tes sujets vivent en paix et en droiture sous toi, mêmement les bonnes villes et les bonnes cités de ton royaume ; et les garde en l’état et en la franchise où tes devanciers les ont gardées. Et s’il y a choses à amender, amende-les et les redresse, et les tiens en faveur et amour.

Car par la force et la richesse de tes bonnes villes, les particuliers et étrangers redouteront de se mal conduire envers toi, spécialement les pairs et les barons. Il me souvient de Paris et des bonnes villes de mon royaume, qui m’aidèrent contre les barons quand je fus nouvellement couronné.

Honore et aime particulièrement les religieux et toutes personnes de sainte Eglise.

L’on raconte du roi Philippe, mon aïeul, qu’une fois un de ses conseillers lui dit que la sainte Eglise lui faisait grands torts et forfaits, en ce que les clercs lui ôtaient de son droit et empiétaient sur sa justice ; que c’était grande merveille qu’il le souffrît. Et le bon roi répondit qu’il le croyait bien. Mais quand il regardait les bontés et les courtoisies que Dieu lui avaient faites, il aimait mieux laisser son droit aller que susciter contestation ou scandale à la Sainte Eglise.

À ton père et à ta mère tu dois honneur et révérence porter, et garder leurs commandements.

Aime tes frères et veuille toujours leur bien et leur avancement, et tiens leur lieu de père pour les enseigner sur tout bien. Garde-toi que, par amour pour eux, tu te détournes de faire droit et que tu ne fasses à autrui chose que tu ne dois.

Donne les bénéfices de sainte Eglise à personnes bonnes et dignes, et sur le conseil de prud’hommes. Et donne à ceux qui n’ont rien de sainte Eglise.

Garde-toi d’exciter guerre sans très grande délibération et surtout contre tout homme chrétien. S’il faut la faire, garde sainte Eglise et ceux qui n’ont en rien méfait, de tout dommage.

Apaise au plus tôt que tu pourras guerres et conflits soit tiens, soit de tes sujets comme Saint Martin faisait ; car, au temps que par Notre Seigneur il savait qu’il devait mourir, il alla pour mettre la paix entre les clercs de son archevêché ; et lui fut avis que, ce faisant, il faisait bonne fin.

Sois diligent d’avoir bons prévôts et bons baillis et enquiers souvent d’eux et de ceux de ta maison, comme ils se conduisent.

Cher Fils, je t’enseigne que tu sois toujours dévot à l’Eglise de Rome et au souverain pontife, notre père, et que tu lui portes révérence et honneur comme tu dois à ton père spirituel. Travaille-toi à empêcher tout péché et principalement vilain sermon et fais détruire les hérésies suivant ton pouvoir.

Encore je te requiers que tu reconnaisses les bienfaits de Notre-Seigneur et que tu lui rendes grâces et merci.

Prends garde que les dépenses de ton hôtel soient raisonnables et mesurées.

Enfin, doux fils, je te conjure et requiers que, si je meurs avant toi, tu fasses secourir mon âme en messes et oraisons, par tout le royaume de France, et que tu m’accordes une part spéciale et plénière dans tout le bien que tu feras.

En dernier, cher fils, je te donne toutes bénédictions que bon père et pieux peut donner à son fils, et que benoîte Trinité et tous les saints te gardent et te défendent de tout mal ; et que Dieu te donne sa grâce de faire sa volonté toujours, de sorte qu’il soit honoré par toi.

Et que nous puissions après cette mortelle vie être ensemble avec Lui et Le louer sans fin.

Amen.

"


NB : Les puristes hurleront au sacrilège. En effet la statue ci-dessus n'est pas Saint-Louis, mais considérée comme Childebert. Toutefois, cette pure merveille de sculpture gothique, provenant du trumeau du réfectoire de St Germain des Prés (et aujourd'hui au Louvre) fut sculptée à l'époque de Saint Louis, et illustre le style parisien des années 1240-1250, qui représente peut être avec le portail de Reims, et la sculpture de Naumburg en Allemagne le climax de la sculpture médiévale, son "age classique". Un art inconnu des italiens de la Renaissance qui autrement n'aurait pas osé émettre à l'endroit du moyen-age leurs méprisantes, et finalement ignorantes théories qui causèrent tant de dégât à notre patrimoine et à notre amour-propre. Rajoutons que le-dit réfectoire, dont il reste un pan magnifique mais caché dans une cour d'immeuble inaccessible, fut élevé par le présumé "Pierre de Montreuil", architecte de la Sainte Chapelle pour le compte de Louis IX.


lundi 10 septembre 2007

La tolérance dans l'histoire de France : les théophilanthropes à Soissons

Au portail de la cathédrale de Soissons, point de sculpture. Ni statues colonnes, ni voussoirs historiés, ni tympans. Un cas unique qui n'a malheureusement rien à voir avec le bombardement d'une partie de la cathédrale en 1917. C'est le résultat de moins d'un an d'occupation de la cathédrale par les théophilanthropes (*), en 1798, alors que le culte catholique libre demeurait interdit. Ces illuminés qui se présentaient comme partisans d'une "religion raisonnée" demandèrent et obtinrent la permission de détruire tout ornement évoquant la religion catholique dans leur nouvel édifice. Le programme sculpté du XIII ème siècle fut soigneusement mais totalement martelé, et pratiquement rien ne subsiste à part quelques fragments torturés dans le dépôt lapidaire. Le portail historié, déjà éprouvé par la mise à sac de la ville par les protestants en 1567-1568, et par l'extrémisme athéiste de 1793-1794, fut rayé de l'histoire. Par la suite, on notera que de nombreux théophilanthropes prirent le chemin de la franc-maçonnerie lorsque leur "culte" fut interdit en 1801.



(*) Selon Answers.com : " Mouvement déiste, fondé sur l'amour de Dieu et des hommes, qui eut quelque succès à Paris entre 1797 et 1801.(Il était inspiré de la philosophie du XVIIIe s. Certains, idéalistes ou jacobins, y virent un concurrent possible du christianisme et lui permirent d'utiliser les édifices religieux publics.) "


vendredi 7 septembre 2007

L'art médiéval, autour d'Emile Mâle

CanalAcademie nous propose un entretien passionnant avec le grand médiéviste Alain Erlande-Brandenbourg, autour d'Emile Mâle et son ouvrage fondamental : l'art religieux du XII ème au XVII ème siècle. Occasion de revenir sur l'un des fondateurs de l'histoire de l'art, mais également sur le "problème" de l'art chrétien médiéval, son rôle religieux et la révolution conceptuelle du XIII ème siècle.


lundi 3 septembre 2007

Pr. Lucien Israël : " la méthode globale oublie le cerveau gauche "

Passionnant entretien avec le professeur Lucien Israël, proposé par Canal Académie. Abordant Le thème de "nos cerveaux" droit et gauche, Mr. Israël s'en prend vivement aux méthodes d'éducation qui, selon lui, contreviennent aux règles de l'apprentissage et de la construction de soi telles que les neuro-sciences nous les ont dévoilées. Mais que pèsent les neurosciences face aux syndicats et à l'héritage de 68, qui apparaît alors comme une forme d'obscurantisme ? Prônant l'écoute de Bach et de Mozart, et le rejet de la méthode globale qui forme des bataillons d'illettrés, le professeur Israël nous invite à un voyage rafraîchissant, dans les ruines de la catastrophe culturelle, à la découverte des potentialités du cerveau humain, ce cadeau de Dieu.


samedi 1 septembre 2007

Une nouvelle vision de l' Ancien Régime

CanalAcademie, la première radio culturelle française, nous propose une émission passionnante sur la réalité de l'Ancien régime. Une nouvelle conception de cette période émerge depuis quelques années, à rebours de l'idéologie officielle. On sait désormais clairement que la France de l'Ancien Régime était un état de droit, pas moins sujet aux dérives et à la corruption que notre système actuel. L'éclairage nouveau apporté par l'historien Michel Vergé-Franceschi dans son livre "complexité et grandeur de la société du XVII ème siècle" (Fayard 2006) primé par l'Académie concerne la "mobilité sociale" pour reprendre un concept moderne.

L'étude du "tarif de la capitation", qui découpe la population française en groupes définis par leur profession et leur utilité, et non pas leur statut social montre un Ancien Régime beaucoup plus ouvert que l'histoire officielle ne le voudrait. De nombreux exemples montrent que des roturiers ambitieux et talentueux pouvait se hisser au plus niveau de l'Etat, et assurer l'avenir de leur famille, en devenant secrétaires d'état, lieutenants généraux des armées, etc. La détention d'un titre de noblesse ne vous garantissait pas le succès, pas plus qu'elle ne vous permettait de jouir de privilèges exhorbitants.

Ce que montre également cette étude, si cela était encore utile, est l'importance pour le Roi et son Etat du bien être de la population. Si l'on met de côté artificiellement les arguments d'humanité et de charité chrétienne, cette raison utilitariste est suffisante : tirant une part de ses ressources de l'impôt par tête (capitation), l'Etat royal avait besoin de sujets nombreux et en bonne santé, à rebours de l'idée d'une monarchie indifférente au sort de la population, également contredite par les travaux des historiens.

Je vous recommande la découverte des programmes de CanalAcadémie, radio internet des 5 académies. Une diversité de programme, traités par les plus grands spécialistes entretenus par des journalistes aussi cultivés que sérieux,. Une approche qui ringardise terriblement France Culture ou France Inter, réduites en comparaison à de simple porte-voix de la bien-pensance philistine.

Je rajouterais - à l'attention des éventuels visiteurs de gauche ou sarko-jacobins : inutile d'être monarchiste pour défendre une vision équilibrée et objective de notre passé. Comme cela est de rigueur, il faudra attendre plusieurs décennies pour que cette nouvelle approche irrigue l'enseignement de l'histoire à l'école.


L'idéologie victimaire vue par une "immigrée"

Pour rester dans le fil de mon dernier billet d'humeur, voici l'opinion de Malika Sorel, auteur du "Puzzle de l'intégration" (Mille et une nuits, 2007), opinion exprimée dans un entretien avec l'observatoire du communautarisme. Sur ces sujets sensibles de l'immigration et de l'intégration, la religion de la bien-pensance et les médias considèrent que seuls les blancs de gauche, ou bien les immigrés, disposent d'un avis recevable. Voici donc l'avis d'une personne "issue de l'immigration" dans lequel on reconnaîtra les thèses les plus souvent défendues par les conservateurs et la droite nationale :


(Lire la suite...)