. . . . . . . . . . . . un blog conservateur parmi tant d'autres . . . . . . . . . . .

lundi 29 octobre 2007

Le "grand silence" sur Arte

Bon point pour la chaine Arte qui ce soir nous propose le Grand Silence, ce documentaire de Philip Gröning à la Grande Chartreuse. Cela nous changera des documentaires anti-papistes produits par les protestants allemands ou des odes à la cause palestinienne.

Arte, 20h40 : le Grand Silence


mardi 23 octobre 2007

Benoit XVI et les martyrs d' Espagne : le devoir de mémoire à géométrie variable du "Monde"

Ce dimanche, notre Saint Père Benoit XVI va béatifier 498 victimes des atrocités de la république espagnole entre 1934 et 1937. Occasion d'une nouvelle démonstration de cathophobie primaire et viscérale sous le plume d'Henri Tincq dans le Monde, ce qui n'étonnera plus aucun catholique. Occasion également de constater et de mettre en lumière quelques grosses ficelles de cet "humanisme à géométrie variable" :

  • L'Eglise qui fait des vagues déplaît.

En quoi le Monde est-il concerné par la cuisine interne d'une Eglise que les progressistes aiment toujours à décrire comme "au bord du gouffre" ? Car après tout, qui s'intéresse aux béatifications ? Pas grand monde évidemment. Où l'on voit que le progressisme ne tolère l'Eglise que sage et ne faisant pas de vagues. Voila la limite de la prétendue "tolérance" et du respect de la liberté religieuse des progressistes. L'Eglise doit disparaitre en silence, c'est l'injonction des "libérateurs" et des "démocrates". En quoi les propos de l'Eglise aux catholiques qui veulent bien écouter pourraient-ils déranger les non-cathos, les non-croyants, les non-pensants ? Le progressisme laïciste est une authentique théocratie. Il se veut le "chemin la vérité la vie", et ne supporte aucune autre forme de vérité. De même qu'il prétend s'immiscer entre parents et enfants, il veut aussi se positionner entre les fidèles et la Sainte Eglise pour filtrer les messages, les relativiser, les critiquer. Ceux qui pensent que le laïcisme progressiste est une libération de l'homme vivent donc en plein mythe : il s'agit d'une authentique religion intolérante. Aucun contre-pouvoir ne sera toléré, sous peine de mort, les montagnes de victimes de l'intolérance athée en France sont là pour en témoigner. Aucun catholique ne doit l'ignorer. C'est justement pour cela qu'il nous faut résister.

  • La réaction, et non l'action, est coupable.

Le Vatican prend donc le risque de réveiller les démons de la guerre civile. Entre 1987 et 2001, Jean Paul II avait déjà reconnu comme "martyrs" (*) 471 victimes, toutes du camp nationaliste et franquiste. Mais alors que l'Eglise espagnole est engagée, depuis trois ans, dans un bras de fer avec le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero sur des réformes de moeurs (le mariage homosexuel, entre autres) et que ce même gouvernement souhaite l'adoption d'une loi visant à réhabiliter les victimes républicaines de la guerre civile et de la dictature de Franco, cette béatification de masse ressemble à une provocation. Des centaines de milliers de fidèles sont attendus à Rome de tous les diocèses d'Espagne.

La réalité n'est pas aussi simple. Le gouvernement Zapa, le plus progressiste que l'Espagne aie jamais connu, mène depuis son élection une guerre des symboles, déboulonne les statues franquistes, rebaptise les rues et les avenues. Qui donc a pris et assume "le risque de réveiller les démons de la guerre civile", si ce n'est le gouvernement socialiste ? Répondre à une provocation serait donc une provocation. Quelle injustice de la part du journaliste ! Remarquons que la "guerre des symboles" actuelle suis le même ordre chronologique que la guerre d'Espagne : agression "républicaine" et anticléricale en 1931 suivie d'une réaction partiellement catholique et nationaliste. L'histoire officielle ne retient pourtant qu'un agresseur : les seconds.

  • toutes les victimes ne se valent pas :

La mode est au prétendu "devoir de mémoire", c'est-à-dire à l'exaltation des victimes du passé que l'on exhume toute dessechées et que l'on exhibe en place publique comme l'on ferait d'un gibet. Son mobile, c'est la repentance, que l'on exige des descendants de tel ou tel groupe ou de telle institution présumée coupable. Dans l'air, l'idée que les enfants de colons sont des salauds au même titre que les colons eux-mêmes. Les cathos, également des enfants de salauds parce que l'inquisition, les croisades, bla bla. Les communistes modernes, des salauds ? vous n'y êtes pas mon bon monsieur, seule la déviation stalinienne est coupable, pas le communisme dans son ensemble. De même, certaines victimes n'intéressent pas l'histoire progressiste : les serbes du Kosovo, des "chiens" ! les femmes et enfants vendéens noyés ou éventrés ? Des "accidents regrettables mais on ne va pas en faire un plat et puis n'oublions pas les crimes des chouans". Bref, l'humanisme de la gauche n'est qu'un mythe car il trie au préalable les bonnes des mauvaises victimes comme le ferait un peloton de la gestapo. Plus injuste encore, le progressisme dont le Monde se fait le porte voix exige le silence et l'oubli sur ceux qui ne comptent pas à ses yeux. Les centaines de gardes suisses massacrés à Paris en 1792 en sont le témoin. Pas une plaque pour évoquer leur martyr.

  • le gros mensonge sur un prétendu "culte des martyrs". Selon Le Monde, " Depuis Néron, aux origines du christianisme, les grands épisodes de persécutions religieuses - la Révolution française, la guerre anticléricale au Mexique, la révolution bolchevique - ont ainsi fait se lever des générations de "martyrs" aujourd'hui vénérés dans les églises." Fréquentant pas mal d'églises, je ne connais pas une telle vénération ... Au contraire, je dirais qu'on voit surtout dans l'Eglise moderne un oubli du martyrologue au profit d'un culte tranquille, cool, et sans vague. Dans un culte "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil", nous n'avons forcément pas d'ennemis, donc pas de martyrs.
  • la parole donnée à un collectif marginal de catholiques anti-papistes, mais sous-entendu représentatif. En France la télé (de TF1 à France 3) donne également systématiquement la parole à Golias.

Comme l'écrit le collectif qui conteste la cérémonie romaine du 28 octobre, c'est parce que l'Eglise n'a jamais demandé pardon que "ces béatifications sont inopportunes, discriminatoires, et manifestent l'incapacité de la hiérarchie à revoir ses positions d'il y a soixante-dix ans".

La république a-t-elle demandé jamais pardon ? Ni en France ni en Espagne, si je ne m'abuse

  • citation choc, en l'occurence dans la bouche d'un général franquiste. Manière de raviver les désormais célèbres "pires années de notre histoire" et de rendre le combat progressiste actuel. "Devant toi, saint Jacques, qui nous encourageas dans les moments pénibles de la guerre et qui guides le Généralissime, nous venons proclamer nos convictions catholiques et nationales face aux négations judaïsantes et cosmopolites."

Seule trace de neutralité et d'honnêteté intellectuelle dans cet article à charge, l'évocation de travaux historiques pour le décompte :

Selon les centaines d'études consacrées à la fureur fratricide qui a saisi l'Espagne en 1936, au moins 6 000 prêtres et religieux (dont 13 évêques) ont été massacrés en zone républicaine. Soit 88 % du clergé dans le seul diocèse de Barbastro (Aragon), dont l'évêque, Mgr Asensio Barroso, a été émasculé vivant avant d'être assassiné le 9 août 1936. Neuf diocèses ont perdu plus de la moitié de leur clergé. La seule appartenance au clergé était justiciable d'une exécution sommaire. Ceux qui ont pu y échapper se trouvaient en zone nationaliste, ou ils avaient pu fuir, se cacher ou bénéficier de protections. A ce martyrologe, il faut ajouter les incendies d'églises et de couvents, les profanations d'autels et de sépultures... Dès septembre 1936, Pie XI avait dénoncé la "haine de Dieu satanique professée par les républicains".

Aucun pape ne fut plus attaché que Jean Paul II à l'exaltation de tels "martyrs" pour ériger des modèles de vertu chrétienne, mais cette lecture purement religieuse de la guerre civile d'Espagne et de la comptabilité de ses victimes est trop partiale pour ne pas aujourd'hui diviser l'opinion. Si le clergé a payé un lourd tribut à la guerre, les horreurs et les victimes ont appartenu aux deux camps. Selon les travaux historiques les plus récents, les républicains auraient été responsables de 85 000 exécutions, dont 75 000 pendant l'été 1936. Les nationalistes auraient été à l'origine, eux, de 40 000 exécutions.

Comment un catholique sensé peut-il lire le Monde face à des articles aussi grossiers et injustes ? je me le demande. Il faut avoir une sacré âme de collabo, je vous le dis. Toutefois, malgré ses grosses ficelles, reconnaissons à Tincq une certaine clairvoyance, perçant dans sa vile propagande : oui, c'est pour exalter la rébellion et la résistance que Benoit XVI va béatifier ces héros de la Vraie Foi. Rien de plus dangereux pour vos nouvelles idoles, Mr Tincq, que des catholiques réveillés. Même réduits à une petite phalange, nous ferons trembler les armées du Grand Roi !! Ah, quand les Catholiques se réveilleront ...


(*) A remarquer, au passage, que le Monde parle ici de "martyr" entre guillemets. Sont-ils aussi tatillons avec les islamistes. Pas sûr ...


samedi 20 octobre 2007

Un "wiki" pour défendre Pie XII

Justice et Vérité pour Pie XII ! Wikipie12, un site au format "wiki", pour rétablir la vérité, face à un travail de sape contre la mémoire du pape de la seconde guerre mondiale qui dure depuis près de 60 ans - rappelons que ce sont les staliniens qui ont lancé ces accusations infâmes, avant que les gauchistes les amplifient, et qu' enfin nos médias et notre show-biz s'en fassent les porte-voix, manière d'assouvir leurs deux sports favoris, cracher sur l'Eglise et rentrer du pognon.

Ne tournons pas autour du pot. Les accusations contre Pie XII de collaboration avec les nazis ne sont que mensonges et diffamation. Trop heureux de se saisir d'une période de flou historique, nos ennemis, staliniens, gauchistes, maçons, et médias progressistes de tout bord, profitant de cette occasion inespérée de salir l'Eglise catholique en l'associant au mal absolu. Pour cacher l'hostilité radicale du nazisme envers le christianisme, et les fondements progressistes du nazisme, il fallait un aussi grand mensonge. Aujourd'hui les mensonges tombent, en particulier grâce au travail d'historiens (dont des juifs) mais aussi à l'ouverture des archives russes et nazies récupérées par l'Allemagne de l'Est.

La vérité pourtant, n'est toujours pas rétablie. Nos médias français, en particulier, qui firent avec une joie à peine feinte (je pense à Claire Chazal) la promotion de ce mensonge sous ces formes "ludiques", comme le film révisionniste Amen, restent pourtant silencieux face au travail des vrais historiens. Justice pour Pie XII !


jeudi 11 octobre 2007

Mensonges sur le changement climatique : un juge britannique met en garde contre le film d'Al Gore - "une vérité qui dérange"


Trainé en justice par un directeur d'école, le gouvernement britannique qui avait demandé la diffusion du film-catastrophe d'Al Gore dans toutes les écoles du royaume s'est vu taper sur les doigts par un juge, sur la base de l' Education Act 1996, qui règlemente la diffusion de littérature ou créations audio-visuelles "politiquement partisanes". Dans cette affaire, le ministre de l'environnement s'était distingué en affirmant "the debate over science is over" ("la science ne doit plus être un objet de débat"). Nos arrières petits enfants rigoleront peut être de cette dernière affirmation en y voyant une nouvelle "affaire Galilée", cette fois-ci à l'encontre des progressistes.

En pratique cette diffusion sera possible mais assortie d'une mise en garde générale et de la mise en lumière de 11 contre-vérités ou postulats (donc non démontrés scientifiquement). En pratique, cela revient à torpiller cette diffusion puisque le film de Mr. Gore en sort largement discrédité : ses deux piliers, son catastrophisme et sa prétention à des vérités absolues, sont sapés. Merci Woland pour l'info !

Voici l'attendu du jugement (traduit par mes soins, le texte original anglais est ici). Admirons au passage la justice britannique, d'une remarquable indépendance face à la pensée unique, y compris sur le thème combien populaire des ours blancs (qui constituent selon TF1 le principal marqueur de la "catastrophe climatique").

Question : pourquoi ce jugement n'est-il pas mis en avant par les médias français au même niveau que le flim ? dans la perspective du Grenelle de l'environnement, cela ferait-il mauvais genre ?

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Pour pouvoir diffuser ce film, (la cour décide que) le Gouvernement doit modifier le guide de diffusion aux enseignants ("Guidance Notes to Teachers") pour mettre en évidence que : 1/ le film est une oeuvre politique qui ne montre qu'un seul point de vue 2/ si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l' Education Act 199 et coupables d' endoctrinement politique. 3/ Onze inexactitudes ("inaccuracies") doivent être en particulier portées à l'attention des enfants des écoles

Les inexactitudes sont :

  • Le film prétend que la fonte des neige au Mont Kilimandjaro est une preuve du réchauffement climatique. L'expert du Gouvernement a été forcé de reconnaître que cela n'était pas correct.
  • Le film suggère que les données ("evidence") des calottes glaciaires ("ice cores") prouvent que l'augmentation du CO2 entrainait une hausse des températures sur 650 000 ans. La Cour considère ("found") que le film est trompeur ("misleading") : sur cette période l'augmentation du CO2 était en retard de la hausse des températures de 800 à 2000 ans.
  • Le film utilise des images à forte teneur émotionnelles ("emotive") de l'ouragan Katrina et suggère que le réchauffement climatique en est la cause. L'expert du Gouvernement a du accepter que cela n'était "pas possible" d'attribuer des évènements uniques en leur genre ("one-off") au réchauffement climatique.
  • Le film montre l'assèchement du Lac Tchad et prétend que cela est une conséquence du réchauffement climatique. L'expert du Gouvernement a du accepter que cela n'était pas le cas.
  • Le film prétend qu'une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il s'est révélé que Mr. Gore a mal lu ("misread") l'étude ; en réalité quatre ours polaires se sont noyés et cela était du à un orage particulièrement violent.
  • Le film annonce ("threatens") que le réchauffement climatique pourraient stopper le Gulf Stream et renvoyer l'Europe à l'âge de glace. Les preuves du plaignant (the Claimant's evidence) montrent que cela est une impossibilité scientifique.
  • Le film accuse le réchauffement climatique d'être à l'origine de la disparition d'espèces, dont le blanchissement ("bleaching) des récifs coraliens. Le Gouvernement n'a pu trouver de preuves pour corroborer cette affirmation.
  • Le film suggère que la calotte de glace du Groenland pourrait fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Les preuves montrent que le Groenland ne pourrait fondre avant des millénaires.
  • Le film suggère que la calotte antarctique est en train de fondre. Les preuves montrent que leur volume augmente.
  • Le film suggère que les mers pourraient augmenter de 7 mètres, entrainant le déplacement de millions de personnes. En réalité les preuves montrent que la hausse prévue du niveau des mers est de 40 cm sur les cent prochaines années et qu'il n'y a pas de menace d'un déplacement massif de population.
  • Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l'évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle Zélande. Le Gouvernement n'a pas été en mesure de corroborer cela, et la Cour a noté que cela ressemblait à une fausse affirmation.

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Alors, le "réchauffement climatique moyen causé par l'homme" est-il une réalité ? je ne suis pas compétent pour le juger, mais ce n'est pas une raison pour mentir.


mercredi 10 octobre 2007

Le PACS, c'est "dégueulasse"

Les médias sont aujourd'hui en fête (le une du Monde !). Le PACS, ce nouveau "droit de l'homme" conquis de haute lutte, c'est à dire en traitant d'homophobes et de fachos ces opposants, et en inventant de vilains mensonges, ce droit donc s'installe dans la société. Evidemment qu'il s'installe : moins d'obligations, et des avantages économiques si proches du mariage, c'est tout à fait dans l'esprit du temps ! L'esprit petit-bourgeois !

Souffrez-le pourtant, amis progressistes, je trouve le PACS dégueulasse pour reprendre un terme gouvernemental. Ne pas vouloir s'engager durablement, c'est minable. Vouloir économiser le coût d'un mariage, c'est mesquin. Humainement parlant, le PACS est une infamie. "je te prends je te jette" comme disais la chanson. Derrière les discours auto-justificateurs, il y a des blessures secrètes. J'en connais des pacsé(e)s qui subissent leur PACS, alors qu'ils / elles rêveraient d'un authentique mariage, (plus souvent elle que il d'ailleurs), mariage que leur conjoint si progressiste leur refuse. Alors, progrès pour l'humanité ??


mardi 9 octobre 2007

Le nazisme comme produit des Lumières

Un des plus grands succès de l'idéologie contemporaine est d'avoir installé durablement l'idée que le nazisme était réactionnaire - donc, profondément de droite, et que par effet de miroir tout ce qui était de "droite dite-dure" était assimilable au nazisme (cf. la ridicule utilisation du terme rafle par les biens-pensants).

Rien n'est plus faux, pourtant. Le nazisme est à de nombreux égards, une idéologie impossible sans les "apports" conceptuels des prétendues-Lumières (qui fondent l'identité de l'Europe selon la Bibliothèque Nationale).

Sur ce sujet polémique, je tenterais de faire court. Trois fondamentaux issus des Lumières du XVIII ème siècle ont mis le pied à l'étrier au nazisme (sans pour autant le générer nécessairement, cela est un autre sujet) :

- l'humanité fondée par les textes

Les Lumières abattent l'idée de Dieu (à défaut de le tuer, le mettent au placard). Avec Dieu s'envole l'âme, si j'ose dire. Ainsi notre "humanité" ne découle-t-elle plus de la Création divine, de la "glaise dotée d'une âme". Comment la fonder désormais ? Au travers de textes considérés comme fondateurs, constitutions, manifestes et déclarations diverses. Or les textes sont des produits de l'activité humaine. Notre "humanité" s'en retrouve donc précarisée, livrée aux humeurs de l'activité législative, y compris lorsqu'elle devient folle, comme avec le nazisme.

« Le passage à l’acte hitlérien ne consiste pas seulement en une pratique légalisée des assassinats, il est accompli déjà dans le fait de rédiger la législation comme texte purement fonctionnel. Une telle législation n’est pas un texte, mais un geste comptable d’essence bouchère. » in Le crime du caporal Lortie, Pierre Legendre

Ce qui est fondamental ici, c’est de repérer le nazisme en son essence non pas à ses conséquences (la pratique légalisée des assassinats en masse) mais dans les principes qui le fondent, ou plus exactement dans l’effondrement des principes qui le rend possible. À partir du moment où le droit devient un dispositif technique, qu’il perd son statut de Référence, la folie n’est pas loin, et le cortège d’horreurs qui la suit. Le droit est un texte qui comme tel s’oppose au geste comptable. Le texte institue l’humanité de l’homme. Le geste comptable l’oublie pour ne s’intéresser qu’à la viande, soit les corps placés dans des dispositifs de production. (commentaire sur Pierre Legendre)

Cette régression du statut de l'homme donnait ainsi naissance à des formules odieuses impossibles avant les Lumières : " Ces hommes étaient rayés du livre de la République, on m'avait dit de les faire mourir sans bruit... " (Capitaine Laly, du ponton "Les deux Associés", 1794).

L'idée que l'homme n'est qu'un tas de viande et d'os est ainsi un produit paradoxal de l'humanisme des Lumières. L'homme chrétien est doté d'une âme. Supprimez l'âme, et vous n'avez plus qu'un animal, doublé d'un citoyen. L'homme de la féodalité s'inscrit dans un système complexe de services à double-sens. Le citoyen au contraire, ne se définit qu'en tant que propriété comptable d'un Etat, qui peut s'en débarrasser du jour au lendemain.

Conséquence immédiate : comment se "débarrasser" en masse de groupes décrétés comme "déshumanisés". A quelle époque de l'histoire humaine la question du meurtre de masse s'est-elle posée auparavant ? Jamais à ma connaissance. La Révolution se pose ouvertement la question de l'amélioration des techniques du meurtre de masse : c'est l'invention des pontons, des noyades de masse comme à Nantes, ou celle de la guillotine. La guillotine, techniquement possible dès les Moyen-Age, n'était alors pas nécessaire. C'est aussi la naissance du génocide moderne, dont les critères établis par la jurisprudence de Nürnberg sont réunis dans le cadre de la Vendée. Ce meurtre de masse sera porté, par les totalitarisme nazis et communistes, à l' "excellence technique".

- la société comme sujet d'expérimentation (esprit de système, victoire de la philosophie)

Les Lumières voient la victoire des philosophes. Reprenant le fantasme platonicien, les philosophes se vivent en ordonnateurs éclairés de la société. Comme Jeremy Bentham, ils proposent aux gouvernements, monarchiques ou républicains des constitutions, des lois, des règlements carcéraux, etc. Tout est sujet de connaissance et de classement, y compris l'art dont l'harmonie est le résultat d'un système (cf. Rousseau : dissertation sur la musique moderne). Les sociétés humaines n'échappent pas à cet activisme curieux. Il faut refonder les relations humaines et les régimes politiques, et les philosophes qui le prônent sont tous disposés à s'en charger. L'esprit de système dissèque les nations et les régimes comme des taupes ouvertes épinglées à une planche de liège. Conséquence de cette vanité humaine : le médecin-légiste se croit supérieur au créateur, car il peut fouiller les rouages, dont il prétend comprendre le fonctionnement. Les totalitarismes ne sont pas concevables sans cette prétention à réorganiser la société en dehors des cadres du droit naturel.

- l'homme comme sujet d'expérimentation

Le fantasme de réorganisation de la société, heureusement, se heurte à la nature humaine, cause de l'échec des grands systèmes totalitaires du XX ème siècle. Mais une fois l'homme déshumanisé, pourquoi ne pas modifier l'homme lui-même ? "Extirper le fanatisme" (1789) ou "l'individualisme bourgeois" (1917), ou bien développer une race supérieure, tout ces "progrès" font de l'homme un sujet d'expérimentation, que le scientisme demande et la déshumanisation lumineuse permet.

L' "expérimentation sur le matériau humain", symbole de l'horreur nazie, est un produit de cette régression de l'homme au statut d'animal. Le philosophe français Pierre Legendre a tenté de montrer que le nazisme, surfant sur le scientisme et le matérialisme des Lumières, le pousse à ses limites : le meurtre de masse. Ce meurtre de masse, décomplexé par le nazisme, serait aujourd'hui à l'oeuvre dans l'avortement.

Sommes-nous sortis (du nazisme) ?

Non répond Legendre, nous n’avons pas liquidé le nazisme. Et nous n’en aurons pas terminé avec lui tant que nous n’en aurons pas terminé d’abord avec la bio-politique, les techniques qui l’autorisent, et les fins qu’elle poursuit : des règles pour le parc humain

Tout est-il à jeter dans les Lumières ? Ce n'est pas mon propos. Et je ne le crois pas. En revanche, je crois que le lien de filiation conceptuel entre le nazisme et les Lumières est constitué. C'est pourquoi les catholiques devaient impérativement, et plus que tous les autres, combattre le nazisme. C'est aussi pourquoi les catholiques contemporains devraient prendre leurs distances avec les conséquences et les concepts des Lumières donc l'action néfaste est de plus en plus visible.

(Un sujet bien vaste et traité bien vite. Je vous invite à me laisser vos contributions et références pour la mise à jour et le développement de l'idée.)


vendredi 5 octobre 2007

Le professeur Marcel Leroux, climatologue nous parle du réchauffement climatique


 

Rien qui ne devrait troubler les partisans d'un "environnementalisme modéré". Un entretien qui sombre par moment dans l'insignifiance mais dont on retient toutefois un certain nombre d'évidences. Les premières concernent le vocabulaire, et doivent nous aider à réfléchir - car le vocabulaire forge la réflexion et non l'inverse. Les secondes concernent des données scientifiques.

- Le changement climatique est permanent, et le climat n'a jamais été stable, nul part et à aucun moment ; il faut donc trouver une autre formule

- Il n'existe pas de climat global, donc le réchauffement climatique ne peut être qu'une moyenne artificielle : en effet certains points du globe se refroidissent, alors que d'autres se réchauffent

- Personne n'a démontré le lien entre le CO2 et l'occurence de phénomènes climatiques. Bien au contraire, le taux de CO2 a toujours été dans l'histoire une conséquence des variations de température et non une cause.

Vu chez Stephane d' Angers

jeudi 4 octobre 2007

Catholicisme, protestantisme et capitalisme

Un article du blogueur Polydamas consacré au capitalisme dans le catholicisme est l'occasion d'aborder une idée à mon avis reçue. "Le protestantisme a inventé le capitalisme". Une idée désormais répandue dans les rangs catholiques et, je dirais, typiquement sarkozyste (le fric devenant une valeur positive). C'est Max Weber, dans une série d'articles publiée en 1905 qui aura le plus fait pour étayer et populariser cette thèse.

Pour Max Weber, le capitalisme se définit ainsi. Une définition qui en vaut une autre.

" Nous appellerons action économique « capitaliste » celle qui repose sur l'espoir d'un profit par l'exploitation des possibilités d'échange, c'est-à-dire sur des chances (formellement) pacifiques de profit "

Je conteste à titre personnel cette thèse philo-protestante, ce qui ne m'empêche pas de reconnaître qu'au protestantisme le plus acétique correspond bien l'idée d'une accumulation volontaire de capital. Voici pourquoi :

  • les outils du capitalisme sont nés pour la plupart dans des pays catholiques, la comptabilité à Venise, les techniques de la banque moderne à Florence ou Pise, la première société par action en France (Moulins de la Daurade de Toulouse au XIII ème siècle)
  • la première révolution industrielle, celle du Moyen-Age, se caractérise par le développement de la machine outil permettant le gain de productivité qui est alors recherché pour soi - un exemple célèbre est celui du papier, inventé en Chine, parvenu en Occident par l'intermédiaire de la route de la soie tenue par les musulmans, et révolutionné par les occidentaux, en particulier en Italie, tant au niveau de la matière que du procédé de fabrication. A tel point que cent ans après l'introduction du papier en occident, le papier révolutionnaire italien s'imposait sur les marchés orientaux.

Finance, comptabilité, machine-outil, gains de productivité, ce sont là des fondamentaux, des pré-requis de l'émergence du capitalisme moderne qui ne doivent rien à la prétendue-réforme et expliquent en revanche largement l'émergence du capitalisme moderne. Le capitalisme doit alors être considéré non plus comme un état mais comme un phénomène en mouvement, dont on ne peut plus dater la naissance au XVI, et donc l'attribuer à la réforme.

D'autre part, la thèse de Weber est rendue possible par deux évènements historiques majeurs, qui doivent peu au protestantisme :

  • le basculement du commerce mondial de la méditerranée à l'atlantique au cours du XVI ème siècle (thèse de Fernand Braudel). Les pays catholiques se retrouvent en seconde ligne. Dans le cas de l'Italie, la raison est évidente. Deux pays vont acquérir la maîtrise des mers pour des raisons technologiques, le Royaume Uni et les Pays-Bas. La manne du commerce mondial est donc désormais redistribuée au profit de pays protestants.
  • la révolution française : première ou deuxième puissance industrielle et technologique en 1788, peu importe vraiment. La France de Louis XVI était engagée dans la course de la révolution industrielle déjà perceptible en cette fin de XVIII ème siècle. La ruine entraînée par la révolution et son avatar, l'Empire, renversa durablement la donne.

Ces deux évènements sont fondamentaux dans l'histoire économique, ils ont permis de redistribuer les cartes et la hiérarchie des puissances industrielles, commerciales et financières, donnant ainsi un fondement un peu facile à la thèse de Weber.

Weber appuie sa démonstration sur l'éthique protestante, en particulier calviniste et luthérienne, en particulier en ce qui concerne le rapport de l'individu à l'enrichissement. Je ne nie pas que l'austère protestant industrieux s'apparente plus au capitaliste que le catholique épris de divertissement, sinon d'Art et de culture, et volontiers bon vivant. Méfions nous toutefois de la pensée magique. Ce n'est pas parce qu'un évènement se produit dans un pays prétendu catholique qu'il s'explique par le catholicisme. Deux données interviennent dans le rapport à l'argent des français :

  • la France est une vieille nation agricole. Dans le monde rural, l'argent est recherché, thésaurisé, mais il est source de conflit et de jalousie. Il n'est donc pas volontiers étalé. Le vieux ressentiment français, celui dont se nourrissent les partis "socialistes" comme des sangsues depuis un siècle, découle à mon sens de cette vieille habitude rurale qui vous fera soupçonner ou dénigrer celui qui possède une terre mieux exposée ou une génisse de plus.
  • l'aristocratie méprisait souvent l'argent, considéré comme un moyen et non un fin, dans un monde où l'on ne travaillait pas. ce qui n'empêchait pas l'existence de princes industrieux, de cardinaux financiers, etc. Un Mazarin ou un Richelieu ont construit de grandes fortunes, rendues nécessaires par leur position politique et les besoins du clientélisme.

Reste un point fondamental de la démonstration Weberienne: les protestants sont plus riches que les catholiques et leurs enfants font plus souvent des études supérieures techniques ou commerciales. Dans l'Allemagne de Weber, en 1905, on pouvait apparemment vérifier cette situation. Ce décalage a existé également aux Etats-Unis, ce qui explique la persistence de la théorie. Sur ce point, je ne pourrais rien ajouter, tant j'ignore l'histoire de l'Allemagne. Aux Etats-Unis toutefois, il est intéressant de noter que les sociologues parlent aujourd'hui de "boom économique catholique", en constatant que les catholiques ont non seulement rattrapé leur retard patrimonial, mais qu'ils sont désormais plus prospères que les protestants dans certaines régions. Une nouvelle forme de capitalisme émerge-t-elle, qui serait plus favorable aux catholiques ?

Je concluerais en défendant l'idée que la thèse de Weber est très exagérée, et occulte de nombreuses données fortuites (évoquées ci-dessus) qui ont donné presque par hasard l'avantage aux protestants. Peut être peut-on synthétiser en parlant d'une prédisposition protestante à une certaine forme de capitalisme un peu datée (Si l'esprit d'enrichissement à existé de tout temps, l'accumulation austère du triste protestant apparaît bien datée. Cela fait tellement XIX ème siècle !). Le protestantisme n'aurait pas donné naissance au capitalisme mais à un des visages du capitalisme.

Il est à la mode d'entendre des cathos repentants évoquer ce vieux bagage papiste que serait le mépris de l'argent. C'est une idée à combattre, car qu'elle que soit son fondement - j'espère avoir démontré qu'il s'agissait d'une idée au mieux exagérée, cette thèse nous rend plus faible. Elle casse notre confiance, et participe à nous distancier de notre religion. Cela n'est pas juste ! Jetons aux orties ces vieux discours ringards et bâtissons un capitalisme plus efficient et plus humain.


Une Vierge médiévale décapitée à Limoux

" Le cambriolage s'est déroulé dans la nuit de dimanche à lundi, dans la basilique de Notre-Dame-de-Marceille à Limoux. Le manteau et la tête de la vierge de Marceille ont été dérobés. Seul le Jésus que la madone noire porte dans son bras gauche est resté intact. D'après les premières constatations, aucun autre objet n'a été volé dans la basilique cette nuit-là. "

Vandalisme cathophobe ou trafic d'antiquités ? Les églises, mal protégées, sont trop souvent visitées par des petits malfrats qui non contents de subtiliser des objets parfois anodins, ou parfois rarissimes ou spirituellement précieux, opèrent avec violence en abîmant tout sur leur passage.

Outre le problème de la protection des édifices, se pose la question de l' harmonisation européeenne des législations sur le commerce d'objets mobiliers anciens. La Belgique et les Pays-Bas sont les plaques-tournantes d'un trafic massif, alimenté par les pillages, les fouilles et les vols. Les antiquaires n'y sont pas tenus à un contrôle et un "reporting" aussi strict de la provenance de leurs objets. C'est aux autorités françaises d'exiger de Bruxelles une réforme de ce système. Il ne faut pas rêver.

(source : La Depeche, via le Forum Catholique, et le Salon Beige)


lundi 1 octobre 2007

Pour en finir avec le "bouddhisme de comptoir"

Moulins à prières, cessez votre grincement ! Calmez-vous, ô vents des hauts-plateaux tibétains. Car les vérités que nous souhaitons dévoiler ne sont pas bonnes à dire, au goût d'une certaine microcosmie. La face cachée du bouddhisme, celui de la violence et de l'autoritarisme, de la "guerre sainte" et des moines dépravés. A lire chez Mme des Charbinières.

Pour ma part, je n'ai jamais eu grand respect pour ces religions orientales. Pour la culture chinoise, oui, comme pour toute culture valorisant la connaisssance et la pratique des arts, ainsi que la lecture. (tout le contraire de notre navrante "civilisation" contemporaine, qui n'est qu'un gargouillis insultant en comparaison de l'ancienne culture européenne, morte et enterrée). En bref, les religions asiatiques, pour ce que j'en sais, sont le comble de l'individualisme, ou la pratique religieuse n'est qu'une suite de transactions avec les divinités pour son profit personnel. C'est-à-dire, le niveau zéro de la religion. En cela assez proche du paganisme gréco-romain. Le christianisme reste la première religion à avoir libéré l'homme du "commerce religieux", car le salut n'y passait pas nécessairement par l'obligation de donner un poulet ou un panier de raisins ...


"Quand les Rois très chrétiens bâtissaient la France"

Ce n'est pas le titre d'une nouvelle rubrique du blog, mais l'intitulé d'un spectacle donné du 12 octobre au 16 décembre en l' hostel royal des Invalides. Si l'idée apparaît excellente, les "sources" semblent un peu décevantes. Citer Rousseau ou Dumas pour évoquer l'histoire de France est un peu ... faible.

"Mêlant visite guidée et comédie, alternant dialogues, chant et lectures de textes anciens et contemporains, ce spectacle à la fois émouvant et drôle entraîne le visiteur dans l’histoire de France, de Philippe-Auguste à Louis XIII, en passant par Saint-Louis, Jeanne d’Arc, François Ier, Henri IV, Richelieu… "

"Aux rythmes des Lettres Persanes de Montesquieu, des Mémoires d’Alexandre Dumas, des Lettres d’Henri IV, des vers de Jean-Jacques Rousseau (Henriade), de Charles Péguy et de Théophile Gautier (Le Dîner des armures), etc, le visiteur découvre ou redécouvre au gré du parcours les collections d’armures et d’armes anciennes du musée (XIIIe - XVIIe s.) - armures royales, armures équestres, armes de chasse, armures de joutes et de tournois…"

Rappelons que l'expression "Rois très chrétiens" n'est pas un jugement de valeur positif ou ironique. C'est ainsi que l'on désignait les Rois de France dans l'Ancien Temps. Les "Rois catholiques", pour leur part, étaient les rois d'Espagne. L'expression de "très chrétien" est évidemment une francisation du "Rex christianissimus". Elle serait devenue formule diplomatique courante sous Charles VI mais j'ai idée que l'origine serait peut-être à rechercher dans les formules latines de désignation ("homme clarissime, citoyens illustrissimes ou excellentissimes", etc.). N'oublions pas que nos titres de noblesse viennent de la Rome Impériale (cf. la naissance de la noblesse de Karl Ferdinand Werner)