Il y a quelque chose de relativiste à comparer les avantages et les contraintes des religions comme sur l'étal d'un marchand des quatre-saisons. Quelque chose d'athée également, d' utilitariste, tellement "Lumières", tellement poussiéreux ... Pourtant, le catholicisme est l'objet d'attaques incessantes qui véhiculent une image tout à fait érronée, et souvent à contre-sens de la réalité. C'est pourquoi je souhaiterais tenter d'exprimer, au delà de la croyance et de la crainte en Dieu et de l'amour pour Jésus, ce qui fait que j'adhère intellectuellement au christianisme.
Adhérer intellectuellement ? Une nécessité, et un défi selon moi. Si les églises se sont largement vidées des "enfants du siècle", on voit toujours de nombreux catholiques professer hors des sanctuaires un cynisme à la mode, une distanciation générale, une repentance tous-azimuts ... Alors oui, posons la question des avantages et des contraintes du christianisme en général, et du catholicisme en particulier - sans se livrer toutefois à un tableau comparatif pour lequel je ne suis pas compétent. Je ne parlerais pas de l'athéisme : la croyance est une affaire personnelle, même si l'athéisme me parait une solution de facilité, qui consiste à ne pas se mouiller, et à refuser de répondre aux questions fondamentales (le fameux triptyque de Gauguin).
Le Catholicisme libère l'homme des règlements de la religion oppressive
" Le sabba est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabba ". Il s'agit-là à mon sens de l'une des paroles les plus fortes du Christ. Jésus ne prétend pas, dans le contexte juif, mettre fin aux règlements religieux, alimentaires, vestimentaires ou sociaux, mais Il veut en relativiser la portée. C'est au service du salut, et pourquoi pas du bonheur de l'homme qu'oeuvrent les règlements de la religion, et non l'inverse : l'homme n'est pas au service d'esprits violents, d'idoles sans pitié, d'un clergé sans humanité ...
Le catholicisme, plus encore que sa branche protestante souvent un peu excessive, offre la manière la plus équilibrée de croire en Dieu. Il permet à l'homme de se définir libre. Libre, il devient responsable. Car quelle responsabilité lorsque l'on n'est pas libre ? Lorsque les règlements à n'en plus finir d'une religion trop intrusive nous retirent la possibilité de choisir, quelle part de mérite individuel peut nous être comptée ?
A notre époque tellement "socialisée", exalter la responsabilité individuelle apparaît comme la chose la plus raisonnable et la plus utile du monde. Si la pression sociale aujourd'hui omniprésente au travers des médias vise à infantiliser les citoyens, le catholicisme, pour sa part, demande ouvertement la prise de responsabilité à la fois individuelle et collective, envers son propre salut et envers son prochain. Cela n'implique pas seulement le respect de règles contraignantes, fussent sous leur forme basique (type cinq piliers de l'islam). Il faut "avancer au large", et répondre à toutes les contraintes et exigences parfois contradictoires de la vie en société moderne. Notre vie est plus complexe que celle d'un chrétien de la période médiévale : nous cumulons différents "avatars" ou rôles sociaux générateurs de conflits et de contradictions : à la fois salariés producteurs et consommateurs, cotisants et "ayant-droits", etc. Pour cela les évangiles et le décalogue constituent un chemin de lumière.
Incidemment, voila qui réduit à néant les prétentions de l'islam à constituer le stade le plus abouti des prétendues "religions du Livre". En ramenant l'homme sous le joug de règles nombreuses et tatillonnes à l'image du judaïsme traditionnel, l'islam contredit cet enseignement majeur et fondamental du Christ.
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