samedi 24 novembre 2007
Pourquoi croire en Jésus et se convertir au catholicisme ? (partie I)
Par le conservateur, samedi 24 novembre 2007 à 13:50 :: Dieu est Grand :: #1039 :: rss
Il y a quelque chose de relativiste à comparer les avantages et les contraintes des religions comme sur l'étal d'un marchand des quatre-saisons. Quelque chose d'athée également, d' utilitariste, tellement "Lumières", tellement poussiéreux ... Pourtant, le catholicisme est l'objet d'attaques incessantes qui véhiculent une image tout à fait érronée, et souvent à contre-sens de la réalité. C'est pourquoi je souhaiterais tenter d'exprimer, au delà de la croyance et de la crainte en Dieu et de l'amour pour Jésus, ce qui fait que j'adhère intellectuellement au christianisme.
Adhérer intellectuellement ? Une nécessité, et un défi selon moi. Si les églises se sont largement vidées des "enfants du siècle", on voit toujours de nombreux catholiques professer hors des sanctuaires un cynisme à la mode, une distanciation générale, une repentance tous-azimuts ... Alors oui, posons la question des avantages et des contraintes du christianisme en général, et du catholicisme en particulier - sans se livrer toutefois à un tableau comparatif pour lequel je ne suis pas compétent. Je ne parlerais pas de l'athéisme : la croyance est une affaire personnelle, même si l'athéisme me parait une solution de facilité, qui consiste à ne pas se mouiller, et à refuser de répondre aux questions fondamentales (le fameux triptyque de Gauguin).
Le Catholicisme libère l'homme des règlements de la religion oppressive
" Le sabba est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabba ". Il s'agit-là à mon sens de l'une des paroles les plus fortes du Christ. Jésus ne prétend pas, dans le contexte juif, mettre fin aux règlements religieux, alimentaires, vestimentaires ou sociaux, mais Il veut en relativiser la portée. C'est au service du salut, et pourquoi pas du bonheur de l'homme qu'oeuvrent les règlements de la religion, et non l'inverse : l'homme n'est pas au service d'esprits violents, d'idoles sans pitié, d'un clergé sans humanité ...
Le catholicisme, plus encore que sa branche protestante souvent un peu excessive, offre la manière la plus équilibrée de croire en Dieu. Il permet à l'homme de se définir libre. Libre, il devient responsable. Car quelle responsabilité lorsque l'on n'est pas libre ? Lorsque les règlements à n'en plus finir d'une religion trop intrusive nous retirent la possibilité de choisir, quelle part de mérite individuel peut nous être comptée ?
A notre époque tellement "socialisée", exalter la responsabilité individuelle apparaît comme la chose la plus raisonnable et la plus utile du monde. Si la pression sociale aujourd'hui omniprésente au travers des médias vise à infantiliser les citoyens, le catholicisme, pour sa part, demande ouvertement la prise de responsabilité à la fois individuelle et collective, envers son propre salut et envers son prochain. Cela n'implique pas seulement le respect de règles contraignantes, fussent sous leur forme basique (type cinq piliers de l'islam). Il faut "avancer au large", et répondre à toutes les contraintes et exigences parfois contradictoires de la vie en société moderne. Notre vie est plus complexe que celle d'un chrétien de la période médiévale : nous cumulons différents "avatars" ou rôles sociaux générateurs de conflits et de contradictions : à la fois salariés producteurs et consommateurs, cotisants et "ayant-droits", etc. Pour cela les évangiles et le décalogue constituent un chemin de lumière.
Incidemment, voila qui réduit à néant les prétentions de l'islam à constituer le stade le plus abouti des prétendues "religions du Livre". En ramenant l'homme sous le joug de règles nombreuses et tatillonnes à l'image du judaïsme traditionnel, l'islam contredit cet enseignement majeur et fondamental du Christ.
De cette insistance sur la "mission" individuelle vient l'un des fondements de la brillante civilisation européenne : le développement d'une élite socialement-responsable, pour reprendre une phraséologie moderne. C'est ce qui manque cruellement à d'autres religions. Dans le contexte médiéval, où les autorités civiles indépendantes de la religion étaient peu développées faute d'un Etat puissant et central, l' Eglise, tentée parfois de s'immiscer dans l'aspect matériel de la vie des fidèles se voyait contrainte d'intervenir dans la société. Il est fort injuste de lui reprocher aujourd'hui cette implication alors que le pouvoir temporel était "aux abonnés absents" !
Dans le monde contemporain, l'Etat est omniprésent voire tenté par une manière douce de totalitarisme - cf. les débats sur l'éducation à la maison et la remise en cause de l'autorité des parents. Représenter un chemin sage et raisonnable, loin de la dictature de l'actualité et de l'opinion publique, constant dans le temps et dans ses principes, est une position idéale pour l'Eglise moderne. C'est à croire le catholicisme fait pour le monde moderne ... Comme il était fait pour le monde médiéval, période pendant laquelle contrairement à l'idée répandue par nos ennemis, tellement injustes qu'ils refusent voir la vérité, l'Eglise a merveilleusement rempli son rôle : prendre en charge une société brisée par les grandes invasions et l'effondrement du monde romain épuisé par ses excès et ses contradictions, et l'accompagner dans son "développement" constant jusqu'à la période moderne, et les remises en causes que l'on sait.
Tellement moderne le catholicisme ! Il suffit de voir le débat sur la recherche dans le champ des cellules souches : quelle autre institution que l'Eglise a l'indépendance et la "persistance" requise pour défendre l'idée de la dignité humaine (en un mot les droits de l'homme!) face aux lobbies financiers, et à l'idéologie scientiste issue des Lumières pour qui, "at the end of the day", l'homme n'est qu'un amas de matière carbonée. Qui d'autre peut faire fi de la sensiblerie ambiante, où il suffit de montrer la photo d'un handicapé, d'un enfant affamé ou d'un bébé ours polaire pour remporter l'adhésion des foules contre son intérêt, et sans réflexion ? Qui d'autre peut ignorer l'actualité qui soumet à son joug les princes et les ministres ?
Forcément décalée, et subversive, l'Eglise moderne. Porte-voix de la bien-pensance, du ministère de la santé (sur la question du préservatif par exemple), elle ne le sera jamais. Le Monde et TF1 jouent si bien ce rôle ! Forcément subversifs, les catholiques modernes, qui sont des consommateurs, des citoyens et des individus, mais un peu plus que cela. C'est une quatrième dimension qui nous est offerte, englobant les autres et leurs contradictions. A la fois individus sensibles à leur Salut, et éléments d'une chaine collective de "solidarité" et de responsabilité. Et avant tout, libre de dire "non" au siècle et à ses exigences.
(à suivre : le Catholicisme rapproche Dieu et les hommes)
Commentaires
1. Le dimanche 25 novembre 2007 à 09:27, par Eric
2. Le dimanche 25 novembre 2007 à 14:48, par Saintegeneviève
3. Le dimanche 25 novembre 2007 à 22:04, par le conservateur
4. Le dimanche 25 novembre 2007 à 23:03, par Durandal
5. Le lundi 10 décembre 2007 à 18:45, par Woland
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