A-t-on déjà fait pour les classes populaires françaises ce que l'on prétend faire pour les "minorités visibles" ?
La discrimination positive, on le sait, c'est 100% positif. Il n'y a que des gagnants, les ayants-droits d'une part, la société et l'économie françaises d'autre part. Circulez il n'y a rien à voir, et surtout rien à penser.
Sauf que, attendez un peu, les places réservées dans le cadre d'un système de quotas seront bel et bien prises à de vrais personnes en chair et en os. Pas à de vilains racistes théoriques, mais à des gars et des filles qui n'ont rien demandé à personne sinon toucher les fruits de leurs efforts ou de leur travail.
Imaginez un système des quotas poussé à son aboutissement logique - et l'on doit faire ce raisonnement étant donné, d'une part, que le pire est probable, d'autre part selon les préceptes des philosophes. Prenons une école quelconque recrutant sur concours ou sur examen. Réservons 50% des places aux femmes. Que faire des minorités ? Avec 14% de minorités visibles dans les médias, on serait "loin du compte" selon le discours clientéliste de M. Rachid Arab du CSA (*). Gageons donc qu'il faudra réserver 30% des places aux minorités visibles. Reste à "aider" quelques autres groupes "dit-scriminés", mettons les homosexuels, qui prétendent constituer 5% de la population. Que va-t-il donc rester pour le jeune Thierry, homme blanc hétérosexuel issu des milieux populaires ? Seulement 32,5 % des places disponibles. Autrement dit, si Thierry n'est pas dans les 32,5% d'élèves obtenant les meilleures notes dans sa catégorie au concours, adieu la place.
Dit encore autrement, cela veut dire que les petits blancs issus de milieux moyens ou modestes, qui partent avec des handicaps, en ce qui concerne par exemple la maîtrise de la langue, la culture générale, l'accès aux bibliothèques, bref tous les critères classiques des "inégalités bourdieusiennes" - ces petits blancs, donc, à cause de l'application d'un système de la discrimination positive, seront purement et simplement bannis du système. Et ne parlons même pas du cas des "métis" dont un parent est blanc issu d'un milieu aisé, et qui bénéficieront tout simplement d'une promotion mécanique simplement fondée sur leur couleur de peau et une prétendue discrimination franchement inexistante ...
Que les "bourges" des beaux quartiers, autour du Medef et autre Institut Montaigne, prônent un tel système parce qu'ils ont les choquottes pour leurs bibelots et leur BMW, c'est une chose. Que les milieux populaires ne comprennent pas qu'ils laisseront instaurer un système gravement inégalitaire dont leurs enfants seront les victimes immédiates, cela m'échappe ...
Une fois encore, réalise-t-on qu'on n'aura jamais fait autant pour nos concitoyens qu'on s'apprête à le faire avec ce système pour les personnes "issues de l'immigration" ? En quoi l' "ancien français" est-il donc inférieur au "nouveau français" pour mériter cela ? Quel crime mystérieux a donc commis le peuple français, après avoir trimé dans les usines et les mines du XIX ème siècle, et versé son sang par millions, pour voir ces enfants punis de la sorte ...
(*) qui évidemment ne nous indique pas sur quelles bases statistiques il fonde son raisonnement, le comptage ethnique étant interdit