. . . . . . . . . . . . un blog conservateur parmi tant d'autres . . . . . . . . . . .

mercredi 8 juillet 2009

Un pays qui veut empêcher ses citoyens de devenir riches ...

se condamne à voir son patrimoine, ses entreprises et ses hommes politiques être achetés au rabais par des étrangers ...

Le populisme et la jalousie ne sont pas des guides fiables. Ils nous abandonneront au milieu du ravin.


lundi 6 juillet 2009

Whatever works - le testament moral de Woody Allen

D'une facilité grossière, voici comment il faut qualifier le dernier Woody Allen qui est l'un des ses plus mauvais films. Je suis pourtant un ex-allenophile mais trop c'est trop. Tous les clichés les plus gras du progressisme s'étalent dans ce monument de l'hygiénisme de la pensée. Un monde où les prétendus "homophobes" (*) sont évidemment des gays refoulés, les pratiquants des mal-baisés, les parents et les époux des frustrés qui ne révèlent leur vraie nature que dans des ménages à trois et autres orgies bi-sexuelles, et les républicains des "néandertaliens". Un monde où il suffit de se faire mettre un bon coup pour ne plus ressentir le besoin bizarre d'aller à la Messe. Ces clichés gros comme le World Trade Center avant le passage des Boeing me rappellent terriblement ... le cinoche ou les fictions françaises. Le cinéma US, très politisé et idéologique, nous avait habitué à plus de finesse dans la propagande. Certes Allen est un new-yorkais libertaire et gauchiste, mais ça ne l'empêchait pas en général d'avoir du talent ...

Tout cette agitation est manifestement cathartique. C'est un carnaval post-années Bush. Je ne serais pas étonné d'apprendre que le scénario a été torché en une heure par quelques mecs éméchés à la sortie de la soirée électorale d'Obama, comme une façon mesquine d'ajouter l'injure à la blessure. Après 8 ans de retenue, on s'éclate en salissant tout de sa semence et de ses déjections. Il n'y a rien que les progressistes aiment plus que souiller et ridiculiser tout ce qu'ils identifient comme vaguement bon et bien, en particulier ce qui touche à la famille et la religion. C'est à Desperate Housewives que fait penser ce film, autant dire qu'on est loin des références habituelles du réalisateur. La figure de Bree incarnant l'intolérante et insupportable républicaine "homophobe" coincée, pratiquante et, plus grave que tout, mère au foyer parfaite, semble le modèle des sudistes coincés qui, dans le film, perdent leur vertu - pour en gagner une autre, cela va sans dire, vieil espoir soixante-huitard de la "rédemption par le sexe". Tout ça pimenté de scènes comiques (au goût de la salle) mais d'une intolérance assez navrante, par exemple la prière tournée en ridicule, plusieurs fois de suite.

Dieu sait que je suis le premier à me moquer des travers de "ceux de mon camp". Les conservateurs hypocrites ou psychorigides. Mes coreligionnaires, en particulier les cathos-béats qui trouvent tout géniââl, qui ne peuvent faire une phrase sans dire "grââce", "partââge" et "Viiie", avec qui il est donc impossible de communiquer sur un mode normal. Et sans parler bien sûr des protestants à l'américaine dont la conception de la religion est aussi chinoise pour moi que le livre des Morts des pyramides égyptiennes. Mais il y a une marge entre la moquerie, la parodie, la caricature d'une part, et d'autre part le spectacle de dérèglement mental que nous donne Woody Allen.

Heureusement, demeure l'intrigue principale du film, une bluette douce amère et improbable gentiment menée entre un odieux vieux grognon cynique et une petite écervelée néanmoins honnête et dont la sagesse si l'on ose dire, moins aérienne mais plus humaine, finira par imposer sa loi. L'atmosphère reste, heureusement toujours, dans le goût de Allen, décors impeccables, musique rétro et humour qui claque. Mais tout ça ne justifie pas le prix d'un billet.

Selon l'amie qui m'accompagnait ce soir là, c'est au second degré qu'il faut gober le navet. Alors, c'est tout ce monde occidental débile qu'il faut prendre au second degré, je le crains. Quant à la salle, remplie de demi-bourgeois qui s'esclaffaient et applaudissaient les ménages à trois et autres divorces, je n'ai aucun doute qu' in fine, eux aussi rêvent, fusse en secret, que leur grand amour dure pour toujours. Ils applaudissent donc finalement ce qu'ils ne souhaitent pas pour eux mêmes ... Si c'est pas du bon réflexe de pavlov ça ...

Nota Bene : Et bien sûr, les gentils béats-bourges du Figaroscope ââââdorent, trouvant le bidule "anticonformiste". Zemmour, de la même maison, pourrait leur répondre qu'il n'y au contraire rien de plus conformiste ...


(*) rappelons que ça ne veut rien dire