Ne croyez pas ceux qui déclarent que si l'Eglise fut réprimée si fortement à la révolution, c'était en paiement de ses abus passés. C'était avant tout une affaire de pognon. Les financiers et les bourgeois, réunis en loges, qui payèrent les mercenaires chargés des basses oeuvres n'avaient pas en tête la liberté.

" En observant la courte période qui suivit la pacification de Gand en 1576 durant laquelle les dix-sept provinces tentèrent de se fédérer sous un régime de liberté de religion, on s'aperçoit que les protestants procédèrent aussitôt à la sécularisation des biens de l'Eglise catholique et notamment ceux des institutions religieuses de secours qui entretenaient par la charité une abondante population oisive. (...) Ce processus préfigure celui qui se produisit durant la Révolution française et révèle plus évidemment la dimension économique qui sous-tendait les querelles religieuses, dont les destructions iconoclastes de 1566 constituaient la façade idéologique. Déjà à cette époque le poids de l'Eglise était ressenti par la bourgeoisie industrieuse et capitaliste. "

(Pierre Loze et Denis Coekelsberghs)