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mercredi 18 février 2009

Faut-il partager les profits ?

Une fois de plus, il est possible que je ne plaise pas à tous les gentils cathos qui versent volontiers en ce moment dans une forme plus ou moins douce de populisme qui se veut "moral". A mon avis, il n'y aucune raison de partager les profits selon une règle arbitraire et tyrannique du type "un tiers pour les salariés, un tiers pour l'investissement, un tiers pour les actionnaires".

D'une part, ce débat est totalement faussé par la présence de l'Etat qui aspire déjà plus de 50% de la richesse nationale pour la redistribuer de façon idéologique, injuste et inefficace.

D'autre part, le dividende est la juste et légitime rémunération de l'actionnaire qui risque un fric dont l'entreprise a un besoin vital. La chute des portefeuilles boursiers d'environ 50% en 2008 est là pour rappeler que le risque des actionnaires est bien réel. Décourager l'investissement, c'est aller à contre-courant, car notre pays souffre d'un grave sous-financement de son tissu économique, en particulier des PME, dont beaucoup n'ont pas d'accès au crédit. Ces entreprises ont besoin des actionnaires, ou les préfèrent à un banquier automate. Or le risque d'échec dans les petites entreprises, en particulier en phase de création, est tel que toute limitation des droits des actionnaires serait néfaste. En ce qui concerne les plus grandes entreprises françaises, peut-on à la fois déplorer leur manque de compétitivité et nourrir de tels fantasmes ?


jeudi 5 février 2009

La sombre affaire Kouchner

Donc Mr. Kouchner ne serait finalement qu'un triste affairiste derrière l'habit du nouveau Saint François, qu'il a consacré sa carrière à tisser. Et, nous devrions être choqués, voire nous sentir floués.

Remarquons d'abord que Mr. Péan est un peu le spécialiste des règlements de compte inter-gauche. Ses bouquins qui sentent un peu le "contrat", peuvent généralement se lire comme des attaques au vitriol d'une partie de la gauche contre une autre. Rien à voir avec l'adoration de la vérité, mais beaucoup plus avec la conquête du pouvoir ou la captation d'un héritage.

Ensuite, la réaction de vierges effarouchées des socialistes est risible. S'il y a le moindre fond de vérité, les anciens copains de Mr. K n'ont sûrement rien découvert dans ce bouquin. Si rien n'a filtré auparavant, c'est que l'opportunité était moins forte. Autant pour "l'affaire".

Ah, j'allais oublier. Oserais-je dire que je m'en fiche ? Les plus floués, semble-t-il, seraient les contribuables gabonais. Qu'ils brûlent une ou deux Renault, et qu'on nous reparle enfin du retour du froid et de la neige.


lundi 2 février 2009

La grogne sociale renvoie le sarkozysme à la tronche de Sarkozy

Disons-le, je regarde la grogne sociale avec un mélange d'inquiétude et de tendresse un peu effondrée. D'inquiétude, car s'il y a bien un pays où les jeunes sont "génétiquement motivés" (copyright Le Pélicastre) pour devenir des petits révolutionnaires du dimanche, un pays où règne une inculture économique crasse savamment nourrie par une collusion entre les politiciens et les médias, au point de ne pas admettre que le miracle du "Modèle social français" (TM) était rendu possible uniquement par l'endettement public, c'est-à-dire le développement des marchés financiers internationaux, bref, s'il y a un pays où ça peut dégénérer, c'est bien ce bon vieil hexagone, adepte des "destructions festives de richesses collectives". De tendresse, aussi, comme celle que l'on ressent lorsque son gamin essaye pour la troisième fois de mettre l'étoile dans le trou en forme de triangle. Mais on l'excuse, tout confit qu'on est de bons sentiments. Et pour ma part, je suis tout disposé à comprendre, et ressentir de l'empathie à l'endroit de ceux qui voient les usines fermer autour de chez eux ou subviennent aux besoins de leur fils et de leur fille de 25 ans. Ce ne sont certainement pas les gens que je juge, mais les revendications, et les manipulateurs.

Alors, on ose nous dire que la grande nouveauté, c'est le retour de l'État. Ouuéééé ! Qu'est ce qu'il va leur mettre aux patrons. Nico-avec-nous, c'est comme si le mec le plus balaise de la cour de récré se joignait à notre bande. Il va y avoir des morts au "petit pont massacreur" ! L'État sauveur, l' État "big mama", L' Étatcémoi, tout ça incarné dans la petite mais majestueuse figure du Guide-Président Nicolas Sarkozy -véritable "césaro-nanisme". Lorsqu'il ne refonde pas le capitalisme, le voilà à Charm-El-Cheikh pour que s'embrassent les frères ennemis, et le lendemain, conseil d'administration de l'automobile européenne pour fusionner tout ça en de grands gestes augustes et des plans à 25 ans. Sans oublier, évidemment, de sermonner ton voisin si celui-ci, avec son propre fric pourtant, ose se rémunérer plus que toi. Bref, vous l'avez compris, il y a de nouveau un homme providentiel dans la place. Napoléon, de Gaulle, et maintenant Sarkozy.

Pourquoi donc s'étonner que le bon peuple en réclame plus ? Qu'en plein marasme économique les syndicats réclament des augmentations de salaires pour des gens que la moindre inflation va gâter en termes de pouvoir d'achat ? La posture néo-socialiste de l'UMP nourrit les fantasmes, alimente les rêves, encourage les revendications, démoralise les courageux partisans de la responsabilité individuelle. Au plus haut niveau de l'Etat, on sonne la curée à la trompe : comment s'étonner que la meute surgisse de chaque buisson et de chaque trou ? Je l'avais déjà écrit : en six mois de baratinage, l'UMP de Sarko et de son gang a réduit à néant des années de désintoxication aux discours populistes, à laquelle participait même une partie de la gauche. A partir de là, tout est possible ... Sarko évitera-t-il le grand souèr ? Peut-être. Prépare-t-il la victoire de la gauche ? Certainement.