. . . . . . . . . . . . un blog conservateur parmi tant d'autres . . . . . . . . . . .

mardi 31 mars 2009

La Religion Citoyenne Universelle, synthèse de l'athéisme occidental et de l'islam


Balayées les anciennes croyances, les vieux cultes à mystère. Les basiliques glaciales, privées d'un culte digne, ne retentissent plus que de prêches vides de sens, et de chansonnettes poussées sans conviction par une assemblée vieillissante. Place à la Religion Citoyenne Universelle. C'est le culte qu'il faut à notre temps !! Autoritaire, totalitaire, mais bienveillant, comme les anciens dieux. Il fera votre Bien ... contre votre gré.

Soft-Power

Bien évidemment, cette religion n'est pas constituée. Elle est un spectre omniprésent. Dépassé, le Vatican et sa structure pyramidale. Ses 1,1 milliards d'ouailles ne font pas le poids face aux réseaux informels qui forment la matrice de la Religion Citoyenne Universelle. Sa seule matérialité est dans les discours, et je devrais dire dans "Le Discours", ou la Doxa, lancinante petite musique répétée en boucle qui s'infiltre dans tous les jugements, s'invite dans toutes les familles, se glisse telle une ombre entre les amis, les proches, pose une main squelettique sur les épaules des présentateurs de télévision, ou les profs encartés.

La Religion Citoyenne Universelle définit le discours ambiant, la "bien pensance", elle maîtrise tous les canaux d'informations ou presque. Elle ne supporte aucun contre-pouvoir, qu'elle discrédite par les méthodes classiques du mensonge, de la dénonciation citoyenne, de l'empire de l'émotion sur la raison. Le lynchage de Benoit XVI est en une illustration parfaite : inutile qu'une grande loge émette une opinion normative : mille petits soldats zélés et animés du même élan se chargent de la dénonciation, de l'invective, de la condamnation. Jouant sur les slogans simplistes, elle utilise le pouvoir de l'image sur la raison. Que peut bien faire la raison face à la pornographie émotionnelle, cet impératif d'empathie dont les victimes médiatiques sont, comme par hasard, choisies très précisément. L'enfant serbe expulsé de son village, aux parents assassinés sera enterré une deuxième fois, pendant qu'on exige du spectateur une larme pour le-gentil-couple-gay-qui-ne-peut-pas-adopter. Piliers de l'occident, la croyance dans la Raison, et le rôle de l'écrit, sont foutus à la porte de nos écoles, de nos médias, de la Cité, au nom de l'image racoleuse, du slogan populo-progressiste.

Convergence avec l'islam

La Religion Citoyenne Universelle n'est pas une conséquence de l'islam, elle ne s'appuie pas sur ses textes, elle n'en reconnait pas le Dieu, mais elle en partage en revanche l'idée fondamentale : les hommes sont d'éternels enfants immatures, des "mineurs". Le libre arbitre n'a plus sa place, dans un monde où les conséquences de nos actes sont épiées, observées, analysées par des bataillons d'économistes, d'environnementalistes, de médecins hygiénistes. L'homme moderne est éclairé par des projecteurs géants et inquisiteurs comme une souris clouée à une planche de liège, le ventre ouvert. Il faut encadrer nos actions et nos opinions par la loi, ou par d'omniprésents impératifs citoyens. C'est le rôle dévolu à la Religion Citoyenne Universelle, productrice de discours, qui les diffuse et assure la mise à l'écart des contrevenants par l'opprobre publique sous sa forme la plus basique redoutablement efficace : la reductio ad hitlerum. Benoit XVI ? Un nazi, d'ailleurs il est allemand. Les opposants au réchauffement climatique ? Des fachos. Vous connaissez le refrain, à vous de composez la chansonnette.

L'islam procède de la même idée fondamentale : le libre arbitre humain n'a pas sa place. Toute la vie du croyant, toutes les étapes de sa journée sont régies par une longue liste d'interdictions / autorisations - la distinction haram / halal. L'homme, enfant incapable de choix rationnels, est ainsi encadré comme dans un troupeau. Réputé vicieux par nature, il est présumé coupable. Le voile, par exemple, prison pour la femme, est aussi insulte pour l'homme, dont le regard ou le désir sont forcément mauvais. La réussite de l'islam dans le monde oriental est inscrite dans l'histoire collective de ses terres anciennes : l'Orient, celui du Grand Roi de la Perse, a été de tout temps une gigantesque pyramide d'esclaves, l'islam n'a fait que se glisser dans ses habits prêt-à-porter.

Divergence avec le christianisme

On ne peut imaginer une opposition plus fondamentale, plus essentielle avec le christianisme, qui partagerait le "même Dieu et le même objectif" que l'islam si l'on croit le discours relativiste de nombreux prélats catholiques sous influences. Certes le christianisme connait son lot d'interdits, d'injonctions morales. Historiquement, ces injonctions catholiques n'ont pas connu la force des interdictions islamiques. De tout temps le christianisme a du composer avec un solide fonds de paganisme, de traditions populaires, de coutumes locales. Combien de bulles papales sont restées lettres mortes ! (*). L'interdit chrétien est soumis d'emblée à deux lois éternelles en occident : la séparation du temporel et du religieux, et l'existence d'hommes libres. L' "Homme libre", chose impensable dans l'orient ancien, voire dans l'orient moderne islamisé ! De tout temps, pourtant, des hommes libres existèrent en Europe, définis juridiquement dans le monde germanique - faut-il rappeler que FRANC veut dire homme libre, c'est sous l'habit du citoyen qu'ils existaient dans le monde grec et romain. Ils étaient soumis à ce titre à de nombreux devoirs, car rien n'est plus étranger à la notion antique d'homme libre que l'individu moderne hédoniste, égotiste et échangiste (au sens de pion d'une économie d'échanges affectifs, sociaux et économiques). Mais le Salut chrétien est un choix individuel, reposant sur le libre arbitre. Quelle différence avec l'islam. Et quel anti-modernisme !

Divergence avec l'islam

Si la Religion Citoyenne Universelle partage avec l'islam la tendance totalitaire (ou soft-totalitaire), elle s'en distingue par trois points fondamentaux, liés à son origine occidentale. Pour reprendre une grille de lecture classique de l'occident, celui-ci se distingue d'autres civilisations par le rôle de la femme et par la séparation temporel / spirituel qui exista de tout temps - y compris aux temps les plus "sombres" (SIC) du christianisme contrairement au discours révisionniste courant. Ces deux piliers ne sont pas compatibles avec l'islam. Si la place de la femme peut être "améliorée" dans un "islam réformé", la séparation des pouvoirs détruirait le cœur même de cette religion. La troisième divergence, évidemment, porte sur l'existence de Dieu. La Religion Citoyenne Universelle ne croit pas en Dieu, est-il nécessaire de le souligner. Artefact débile du monde ancien, Dieu, et ses types ou sous-manifestations diverses, n'est plus qu'une curiosité de bazar, un truc pour touristes, toléré à la condition impérative d'accepter le présupposé relativiste : toutes les "religions" sont équivalentes, et aucune ne peut revendiquer une Vérité universelle - et pour cause, seule la Religion Citoyenne est universelle !

Victoire paradoxale de l'athéisme

La Religion Citoyenne Universelle est athée, c'est entendu. Mais voila une victoire bien paradoxale pour l'athéisme : la séparation radicale du temporel et du spirituel a bien été réalisée, par la destruction du spirituel. Si la révolution abattit des milliers d'églises et d'abbayes, noya ou massacra à coup de piques des charettes de moines ou de simples croyants, c'est dans le cœur des gens que l'athéisme moderne mène la guerre. Un catholique français sur deux ne croirait pas en la Résurrection, paraît-il. Plus fort que les pontons de Rochefort ou que les murs éclaboussés de sang de la prison parisienne de la Force ! C'est la victoire radicale : maintenir le petit théâtre religieux du dimanche matin, vidé de sens et de croyance, qui devient même une caisse de résonance des impératifs citoyens d'écologie, de sexualité décomplexée, de condamnation des revendications identitaires !! Mais la victoire de l'athéisme est amère. Cette information n'est pas encore parvenue au cerveau de ses adeptes : l'athéisme vainqueur du spirituel a enfanté d'un monstre : le super-temporel qui prétend se glisser dans les habits du premier, reprendre à son compte les injonctions moralistes , la définition normative du Bien et du Mal, la soumission de la Liberté à un prétendu Salut citoyen (ou "public" pour reprendre une vieille terminologie bien française qui sent bon le charnier).

Car la Religion Citoyenne Universelle est bien une religion, et non une philosophie. Ses croyances, le culte de l'Hygiénisme, du Métissage, de l'Ecologie contre l'homme, de la Famille-non-biologique, donc plus fragile, et de son corollaire, l'individu isolé privé de toute capacité de défense face au groupe, tout cela ne cohabite pas avec la Raison. Elle ne s'embarrasse même plus de démonstrations, ne règne plus que par injonctions, anathèmes, dénonciations. Régis Debray, dans son dernier livre, évoque la religion civique américaine qui fonde cette nation et n'a plus grand chose à voir avec le Dieu des chrétiens, pour rebondir sur la France, dont la République échoua, selon lui, à établir une religion civile de remplacement. C'est par le vent du large, nous renvoyant à la figure les revendications contradictoires enfantées par la Révolution, que nous revient cette folie, plus forte que l'Etat, plus forte que nos politiques réduits à des perroquets.

Croyez, citoyens, ou soyez maudits !!


(*) comme telle bulle dénonçant les "poulaines", ces chaussures médiévales démesurées, qui provoqua l'hilarité de l'Europe


jeudi 9 octobre 2008

Our problem is democracy

Our problem is democracy. Democracy is a dangerous, malignant form of government which tends to degenerate, sometimes slowly and sometimes with shocking, gut-wrenching speed, into tyranny and chaos. You’ve been taught to worship democracy. This is because you are ruled by democracy. If you were ruled by the Slime Beast of Vega, you would worship the Slime Beast of Vega. (A more earthly comparison is Communism or “people’s democracy,” whose claim to be a more advanced form of its Western cousin was perfectly accurate - if we mean “advanced” in the sense of, say, “advanced leukemia.”)

Mencius Moldbug, Unqualified Reservations, OLXIV (Rules for Reactionaries)

via Enoch et Notes, via Stello-Backstage, via la planète Vega d'où je vous écris


jeudi 15 mai 2008

Armand Robin - Le programme en quelques siècles

Voici un magnifique texte du poète Armand Robin, dont je ne retirerais pas une ligne. Cela mériterait de devenir la profession de foi de la blogosphère anarcho-catholique / conservatrice / réaco-royco. Merci à Léonard. :

Armand Robin - Le programme en quelques siècles

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,

Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme

Au nom de la Raison,

Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour

Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot

Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime

Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint

Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,

Au nom de la Matière,

Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l’homme ;
On supprimera le nom de l’homme ;
Il n’y aura plus de nom ;
Nous y sommes.


jeudi 27 mars 2008

Euthanasie et liberté

Reparlons de l'euthanasie. Comme le dit le bloggueur la voix dans le désert chez le Grand Charles en commentaire d'une intervention de Zemmour, tout cela donne "la désagréable impression d’un combat perdu d’avance". Revenons toutefois sur ce sujet fondamental.

J'ai trop de respect pour la souffrance des personnes et des familles pour entrer dans des considérations "personnalisées" comme peut le faire une Christine Boutin, je me contenterais du seul sujet légitime : la question de droit, en lien avec la place de l'Etat dans nos vies, et les libertés de la personne, qui sont les fondements de l'Etat de droit libéral moderne.

Qu'est-ce donc que ce "droit à mourir" ? Aurions-nous besoin de l'aval de l'Etat pour choisir notre mort ? La génération des soixante-huitards qui a prétendu rejeter toutes les formes d'autorité aurait besoin d'un petit papier pour quitter ce monde ? Alors quoi, les libertés ne seraient reconnues que par la Loi ? Curieux retournement. Il me semblait au contraire que la Loi dans un système libéral fixait seulement les "limites de la liberté", et non la liberté elle-même.

Il ne s'agit pas, contrairement à la propagande des hystériques comme Mr. de Closets dans l'émission citée ci-dessus, du "droit à choisir sa mort". L'euthanasie, telle que la réclament ses promoteurs, est en réalité le "droit de tuer légalement" accordé à certaines professions, sur la base d'une preuve et de témoins crédibles. Pour la première fois depuis l'abolition de la peine capitale, le droit de donner la mort sans conséquences légales sera établi, sur la simple présentation d'un papier signé par une personne en situation de détresse, et contresigné par le premier témoin venu.

Or, si l'on veut bien s'extraire un instant du barrage émotionnel déployé dans les médias quasi-unanimes par les lobbies pro-euthanasie, on ne peut que reculer d'effroi devant les conséquences d'une telle loi. Comment ne pas craindre que la "preuve du consentement" ne devienne l'objet de pression, de trafic. Cas exceptionnel, certes, mais qui sera possible et ouvrira ainsi une brèche dans notre système judiciaire. Car l'euthanasie ne concernera pas que des malades en fin de vie. Pour preuve, ce dramatique cas réel qui s'est déroulé en Suisse, où la "mort citoyenne" est légale :

En février 2002 déjà, elle n’hésitait pas à “suicider” un frère et une sœur français, âgés d’à peine 29 et 32 ans, schizophrènes tous les deux. Pour Dignitas, le fait qu’ils soient seuls dans la vie, sans parents pour les aider, justifiait un suicide.

Posons donc sans hypocrisie la question : en quoi est-il nécessaire, au regard de ces graves interrogations, de légaliser ce "droit de donner la mort", étendus aux professions médicales comme aux tribunaux ou aux familles. En quoi le système médical actuel, suffisamment souple, ou le bon vieux suicide, ne répondent-ils pas aux craintes qu'expriment légitimement les français lorsqu'on les interroge, mais qu'utilisent les lobbies pour avancer un agenda de destruction de l'état de droit ?

Comme le pose avec intelligence Le bal des dégueulasses "On vit dans un monde formidable où toutes les lois protégéant les faibles des forts sont progressivement abolies". Au nom de l' humanisme, par dessus le marché ...


jeudi 20 mars 2008

Le IV ème Reich progressiste est en marche

Je trouve cette effrayante et pertinente "Check-list du cryptonazisme contemporain" sur le Bal des Dégueulasses. (Je vous renvoie à son site pour des exemples)

Rétablir la pensée völkish sous couvert de multiculturalisme : fait
Détruire la différenciation humain/animal sous prétexte d'écologie : fait
Eliminer les foetus anormaux ou porteurs de gènes de prédisposition : fait
Pratiquer l'euthanasie sur les incurables à la charge de la société: fait (dans certains pays)
Nier la souveraineté populaire au nom de principes supérieurs dont les masses n'ont pas conscience : fait

Et maintenant?

Ce rude constat que je partage rejoint mille réflexions postées ici et là sur les "bons blogs". J'ai pour ma part évoqué plusieurs fois la personnalité passionnante de Pierre Legendre, ce philosophe qui a montré que le nazisme avait gagné la guerre, parce que :

Ce qui est fondamental ici, c’est de repérer le nazisme en son essence non pas à ses conséquences

« Le passage à l’acte hitlérien ne consiste pas seulement en une pratique légalisée des assassinats, il est accompli déjà dans le fait de rédiger la législation comme texte purement fonctionnel. Une telle législation n’est pas un texte, mais un geste comptable d’essence bouchère. » in Le crime du caporal Lortie, Pierre Legendre

A propos, et hors propos, citons cet aveu magnifique de Pierre Legendre que j'aimerais adopter comme sous titre à mon blog :

Je suis un homme du passé et de l'avenir lointain. Je n'habite pas le présent, car j'ai compris la nécessité de combattre la mémoire courte.


mercredi 19 mars 2008

L'obsession religieuse des progressistes

Vous aurez constaté comme moi que, sur des sujets de discorde comme l'euthanasie ou l'adoption par des couples de même sexe, il nous est très souvent reproché de tenir un "discours religieux", ou de brandir des "arguments religieux". Et cela, alors que nous n'avons brandi aucune référence religieuse, ou aucun raisonnement reposant sur la croyance en tel ou tel phénomène supernaturel ! Le simple fait d'être croyant entâche donc nos raisonnements d'invalidité, et ce, sans que nos adversaires puissent à aucun moment démontrer en quoi ils sont "religieux". Autrement dit, nous sommes classés entre le chien et le rat pour ces gens là, mais là n'est pas le sujet.

Un raisonnement religieux sera fondé sur des textes ou des prophéties considérées comme sacrées et faisant autorité - l'auctoritas découlant par définition de la citation de textes de référence, qui sont autant de pierres constituant l'édifice final de la réflexion (*). Ou alors, il contiendra des "sauts logiques" basés sur des éléments non rationnels. C'est le cas d'un raisonnement faisant appel à un miracle, à la Résurrection, etc. Il me semble ne pas me tromper en affirmant qu'en leur absence, un raisonnement ne peut être tenu pour "religieux". Les progressistes qui nous le reprochent sont, soit des crétins, soit des terroristes intellectuels, qui préfèrent ignorer nos arguments en les qualifiant de "religieux". Par religieux, il faut comprendre, dans le langage progressiste, "illégal", puisque la religion, on ne le sait que trop, doit rester cantonnée à la sphère privée. Parait-il, car en réalité son plein exercice public est prévu par les textes fondateurs de l'Europe, et la constitution française (si je ne m'abuse).

Ou alors, ne sommes-nous pas en présence d'un étonnant paradoxe ? Les progressistes sont tellement obsédés de religion, tellement persuadés d'avoir en face d'eux des androïdes qui ne fonctionnent qu'en mode religieux, qu'ils n'arrivent pas à nous voir comme nous le sommes vraiment : des pécheurs plutôt que des prêcheurs, des hommes et des femmes faibles plutôt que des moines soldats. Finalement, les vrais obsédés de la religion ne seraient-ils pas les progressistes ? Alors que nous faisons tout notre possible pour tenir notre religion à distance, et que nous épargnons avec d'infinies précautions à notre entourage la moindre référence religieuse, ce sont eux, les progressistes, qui voient de la religion partout. Y compris là où elle n'est pas, comme dans la guerre en Irak, ou dans notre opposition à l'euthanasie. Ce sont eux également qui veulent en toute chose parodier la religion. Qui élèvent des statues à des allégories douteuses. Qui prétendent ériger un "baptême républicain" - référence absurde et que nous n'oserions pas inventer de toute façon de peur d'être accusés d'ingérence.

Pour ce qui est de nos raisonnements, il est bon de distinguer le plan religieux du plan logique. Question de public, on pourra s'appuyer dans le premier cas sur nos textes sacrés - pour peu qu'on les maîtrise, et dans le second cas sur le droit naturel et sur les règles immuables de la vie en société, à commencer par le principe de Bien Commun également ignoré des progressistes. Pour le reste, peut-être devrions-nous, à l'image des progressistes, être plus religieux ? Ils sont notre reflet affreusement déformé. A l'instar des orques de Tolkien, qui étaient des elfes soumis aux mâles tourments de la géhenne, les progressistes ne sont que nos doubles déboussolés et dévisagés par l'erreur !

(*) il suffit de lire un écrit théologique de Benoit XVI pour le comprendre


jeudi 1 novembre 2007

Différencier Autoritarisme et Totalitarisme : l'exemple des dictatures du XX ème siècle


L'historien Stéphane Courtois, qui dirigea le fameux "Livre noir du communisme", s'entretient avec Christophe Dickès sur Canal Académie, sur le thème de la décommunisation, à l'issue d'un colloque d'éminents historiens sur le thème du totalitarisme. Point clé de la réflexion, la distinction qu'il faut opérer entre autoritarisme et totalitarisme. Cette distinction, qui éclaire les difficultés de "renaissance" de certains pays de l'Est, sert également à l'un de nos sujets d'étude, celui du "totalitarisme soft", forme de la "dictature du bien" progressiste que nous dénonçons sur ce blog.

Caractères de l'autoritarisme :

Le régime autoritaire est un régime "conservateur" (au sens strict et non politique), qui veut empêcher la société d'évoluer vers plus de démocratie. Les ennemis du régime sont réprimés, parfois très violemment, mais les citoyens peuvent circuler librement et la société fonctionne. Société (le réseau de relations interpersonnelles en particulier familiales) et société civile (ensemble des organisations et "solidarités" organiques autonomes : églises, syndicats, clubs divers) fonctionnent presque normalement. L'Espagne de Franco et le Portugal entraient dans cette catégorie.

Caractères du totalitarisme :

le régime totalitaire (nazi ou communiste) est révolutionnaire. son objectif est de détruire la société (qu'elle soit traditionnelle ou démocratique), son projet est de contrôler toute la société, l'Etat et les individus. elle utilise pour cela des moyens de terreur violents ou sophistiqués. la terreur physique fondée sur des purges aveugles et régulières peut être remplacée par un système de contrôle de la pensée et de fliquage des citoyens (ex. de l'ex-RDA où l'on se dénonçait au sein même des familles). les citoyens sont prisonniers.

La société civile est interdite dans les pays communistes, les associations indépendantes sont combattues. la société "tout court" est également pénétrée par le communisme qui vise à la contrôler ou la détruire, en isolant chaque individu.


Des historiens comme Dominique Colas insistent sur la diversité du totalitarisme, qui peut être plus ou moins marqué. Il n'y a pas une forme unique de totalitarisme, mais "des totalitarismes" ayant plus ou moins recours à la violence physique. Sous sa forme la plus sophistiquée, la violence physique n'est plus nécessaire qu'à la marge (c'est l'exemple de la RDA).

Peut-on parler de totalitarisme soft ?

Il n'est évidemment pas possible de parler de totalitarisme dans la France contemporaine. Des aspects de la pratique totalitaire se retrouvent cependant - sans la terreur physique généralisée qui n'est pas nécessaire. Grâce au concept nouvellement forgé de "totalitarisme soft", il est possible d'éclairer d'un jour nouveau ces authentiques menaces sur nos libertés civiles comme individuelles. Selon les critères définis par les historiens ayant travaillé autour de Mr. Courtois sur le totalitarisme, on peut dire que nous assistons à une attaque en règle de l'autonomie de la société et de la société civile, sur trois plans :

  • lutte contre les associations constituant des contre-pouvoirs (remise en cause des scouts, de l'école privée, du droit de l'Eglise de parler à ses ouailles - cf. l'affaire du téléthon)
  • criminalisation de la liberté de penser (norme anti-raciste, extension des lois "anti-racistes" à la critique de l'immigration, et norme anti-homophobie).
  • remise en cause de la famille biologique (invention de la parentalité, promotion de la famille recomposée, remise en cause de l'autorité parentale en matière d'éducation, etc.)

La conjonction de ces trois menaces, renforcée par l' omni-présence des médias de masse (diffusant un discours standardisé) est unique dans l'histoire de l'Europe.


mardi 23 octobre 2007

Benoit XVI et les martyrs d' Espagne : le devoir de mémoire à géométrie variable du "Monde"

Ce dimanche, notre Saint Père Benoit XVI va béatifier 498 victimes des atrocités de la république espagnole entre 1934 et 1937. Occasion d'une nouvelle démonstration de cathophobie primaire et viscérale sous le plume d'Henri Tincq dans le Monde, ce qui n'étonnera plus aucun catholique. Occasion également de constater et de mettre en lumière quelques grosses ficelles de cet "humanisme à géométrie variable" :

  • L'Eglise qui fait des vagues déplaît.

En quoi le Monde est-il concerné par la cuisine interne d'une Eglise que les progressistes aiment toujours à décrire comme "au bord du gouffre" ? Car après tout, qui s'intéresse aux béatifications ? Pas grand monde évidemment. Où l'on voit que le progressisme ne tolère l'Eglise que sage et ne faisant pas de vagues. Voila la limite de la prétendue "tolérance" et du respect de la liberté religieuse des progressistes. L'Eglise doit disparaitre en silence, c'est l'injonction des "libérateurs" et des "démocrates". En quoi les propos de l'Eglise aux catholiques qui veulent bien écouter pourraient-ils déranger les non-cathos, les non-croyants, les non-pensants ? Le progressisme laïciste est une authentique théocratie. Il se veut le "chemin la vérité la vie", et ne supporte aucune autre forme de vérité. De même qu'il prétend s'immiscer entre parents et enfants, il veut aussi se positionner entre les fidèles et la Sainte Eglise pour filtrer les messages, les relativiser, les critiquer. Ceux qui pensent que le laïcisme progressiste est une libération de l'homme vivent donc en plein mythe : il s'agit d'une authentique religion intolérante. Aucun contre-pouvoir ne sera toléré, sous peine de mort, les montagnes de victimes de l'intolérance athée en France sont là pour en témoigner. Aucun catholique ne doit l'ignorer. C'est justement pour cela qu'il nous faut résister.

  • La réaction, et non l'action, est coupable.

Le Vatican prend donc le risque de réveiller les démons de la guerre civile. Entre 1987 et 2001, Jean Paul II avait déjà reconnu comme "martyrs" (*) 471 victimes, toutes du camp nationaliste et franquiste. Mais alors que l'Eglise espagnole est engagée, depuis trois ans, dans un bras de fer avec le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero sur des réformes de moeurs (le mariage homosexuel, entre autres) et que ce même gouvernement souhaite l'adoption d'une loi visant à réhabiliter les victimes républicaines de la guerre civile et de la dictature de Franco, cette béatification de masse ressemble à une provocation. Des centaines de milliers de fidèles sont attendus à Rome de tous les diocèses d'Espagne.

La réalité n'est pas aussi simple. Le gouvernement Zapa, le plus progressiste que l'Espagne aie jamais connu, mène depuis son élection une guerre des symboles, déboulonne les statues franquistes, rebaptise les rues et les avenues. Qui donc a pris et assume "le risque de réveiller les démons de la guerre civile", si ce n'est le gouvernement socialiste ? Répondre à une provocation serait donc une provocation. Quelle injustice de la part du journaliste ! Remarquons que la "guerre des symboles" actuelle suis le même ordre chronologique que la guerre d'Espagne : agression "républicaine" et anticléricale en 1931 suivie d'une réaction partiellement catholique et nationaliste. L'histoire officielle ne retient pourtant qu'un agresseur : les seconds.

  • toutes les victimes ne se valent pas :

La mode est au prétendu "devoir de mémoire", c'est-à-dire à l'exaltation des victimes du passé que l'on exhume toute dessechées et que l'on exhibe en place publique comme l'on ferait d'un gibet. Son mobile, c'est la repentance, que l'on exige des descendants de tel ou tel groupe ou de telle institution présumée coupable. Dans l'air, l'idée que les enfants de colons sont des salauds au même titre que les colons eux-mêmes. Les cathos, également des enfants de salauds parce que l'inquisition, les croisades, bla bla. Les communistes modernes, des salauds ? vous n'y êtes pas mon bon monsieur, seule la déviation stalinienne est coupable, pas le communisme dans son ensemble. De même, certaines victimes n'intéressent pas l'histoire progressiste : les serbes du Kosovo, des "chiens" ! les femmes et enfants vendéens noyés ou éventrés ? Des "accidents regrettables mais on ne va pas en faire un plat et puis n'oublions pas les crimes des chouans". Bref, l'humanisme de la gauche n'est qu'un mythe car il trie au préalable les bonnes des mauvaises victimes comme le ferait un peloton de la gestapo. Plus injuste encore, le progressisme dont le Monde se fait le porte voix exige le silence et l'oubli sur ceux qui ne comptent pas à ses yeux. Les centaines de gardes suisses massacrés à Paris en 1792 en sont le témoin. Pas une plaque pour évoquer leur martyr.

  • le gros mensonge sur un prétendu "culte des martyrs". Selon Le Monde, " Depuis Néron, aux origines du christianisme, les grands épisodes de persécutions religieuses - la Révolution française, la guerre anticléricale au Mexique, la révolution bolchevique - ont ainsi fait se lever des générations de "martyrs" aujourd'hui vénérés dans les églises." Fréquentant pas mal d'églises, je ne connais pas une telle vénération ... Au contraire, je dirais qu'on voit surtout dans l'Eglise moderne un oubli du martyrologue au profit d'un culte tranquille, cool, et sans vague. Dans un culte "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil", nous n'avons forcément pas d'ennemis, donc pas de martyrs.
  • la parole donnée à un collectif marginal de catholiques anti-papistes, mais sous-entendu représentatif. En France la télé (de TF1 à France 3) donne également systématiquement la parole à Golias.

Comme l'écrit le collectif qui conteste la cérémonie romaine du 28 octobre, c'est parce que l'Eglise n'a jamais demandé pardon que "ces béatifications sont inopportunes, discriminatoires, et manifestent l'incapacité de la hiérarchie à revoir ses positions d'il y a soixante-dix ans".

La république a-t-elle demandé jamais pardon ? Ni en France ni en Espagne, si je ne m'abuse

  • citation choc, en l'occurence dans la bouche d'un général franquiste. Manière de raviver les désormais célèbres "pires années de notre histoire" et de rendre le combat progressiste actuel. "Devant toi, saint Jacques, qui nous encourageas dans les moments pénibles de la guerre et qui guides le Généralissime, nous venons proclamer nos convictions catholiques et nationales face aux négations judaïsantes et cosmopolites."

Seule trace de neutralité et d'honnêteté intellectuelle dans cet article à charge, l'évocation de travaux historiques pour le décompte :

Selon les centaines d'études consacrées à la fureur fratricide qui a saisi l'Espagne en 1936, au moins 6 000 prêtres et religieux (dont 13 évêques) ont été massacrés en zone républicaine. Soit 88 % du clergé dans le seul diocèse de Barbastro (Aragon), dont l'évêque, Mgr Asensio Barroso, a été émasculé vivant avant d'être assassiné le 9 août 1936. Neuf diocèses ont perdu plus de la moitié de leur clergé. La seule appartenance au clergé était justiciable d'une exécution sommaire. Ceux qui ont pu y échapper se trouvaient en zone nationaliste, ou ils avaient pu fuir, se cacher ou bénéficier de protections. A ce martyrologe, il faut ajouter les incendies d'églises et de couvents, les profanations d'autels et de sépultures... Dès septembre 1936, Pie XI avait dénoncé la "haine de Dieu satanique professée par les républicains".

Aucun pape ne fut plus attaché que Jean Paul II à l'exaltation de tels "martyrs" pour ériger des modèles de vertu chrétienne, mais cette lecture purement religieuse de la guerre civile d'Espagne et de la comptabilité de ses victimes est trop partiale pour ne pas aujourd'hui diviser l'opinion. Si le clergé a payé un lourd tribut à la guerre, les horreurs et les victimes ont appartenu aux deux camps. Selon les travaux historiques les plus récents, les républicains auraient été responsables de 85 000 exécutions, dont 75 000 pendant l'été 1936. Les nationalistes auraient été à l'origine, eux, de 40 000 exécutions.

Comment un catholique sensé peut-il lire le Monde face à des articles aussi grossiers et injustes ? je me le demande. Il faut avoir une sacré âme de collabo, je vous le dis. Toutefois, malgré ses grosses ficelles, reconnaissons à Tincq une certaine clairvoyance, perçant dans sa vile propagande : oui, c'est pour exalter la rébellion et la résistance que Benoit XVI va béatifier ces héros de la Vraie Foi. Rien de plus dangereux pour vos nouvelles idoles, Mr Tincq, que des catholiques réveillés. Même réduits à une petite phalange, nous ferons trembler les armées du Grand Roi !! Ah, quand les Catholiques se réveilleront ...


(*) A remarquer, au passage, que le Monde parle ici de "martyr" entre guillemets. Sont-ils aussi tatillons avec les islamistes. Pas sûr ...


dimanche 8 juillet 2007

Selon TF1 et La Vie, St Augustin devrait être censuré

Je m'attendais à une réaction critique des grands médias suite au Motu Proprio de Benoit XVI relatif à l'autorisation de la forme tridentine de la messe. Je n'ai pas été déçu ! Parmi les plus agressifs, et ce n'est pas pour moi un sujet d'étonnement, le 20 h de Claire Chazal sur TF1. Claire Chazal, rappelons le, qui fut à la tête de la campagne contre le film de Mel Gibson, la Passion du Christ, qualifié d'antisémite et d'intégriste - comme si l'évocation de l'histoire pouvait être antisémite.

Bref, le reportage de TF1, qui s'annonçait vilain au vu du visage fermé de la dame, et de son teasing selon lequel "l'église recule dans son ouverture à la société", cumule un hors-sujet, un mensonge et une diffamation, avec la complicité active de nos amis cathos-traitres de la Vie (groupe le Monde). En effet, l'on y voit Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, citer un texte de Saint Augustin apparemment au programme des matines du Vendredi Saint, et qui serait présent dans le Missel. Le Vendredi Saint n'est évidemment pas l'occasion d'un déferlement d'antisémitisme, puisque une prière est réservée au juifs lors de la célébration ! La diffamation est constituée puisque l'on nourrit ici l'idée fallacieuse selon laquelle le christianisme aurait partie liée au nazisme dans le projet de la shoah. Le nazisme est une idéologie antichrétienne, laïque, et laïciste, qui transgresse un interdit fondamental de la religion chrétienne, celle du meutre de masse. Le christianisme et l'Eglise n'ont rien à voir la dedans. Si l'on comprend bien le propos de nos "amis" des médias, il faudrait donc censurer le grand St Augustin pour ne pas choquer untel ou untel.

Revenons sur l'idée exprimée par Mme Chazal que "l'église recule dans son ouverture à la société". Il ne s'agit pas d'une phrase anodine. Cela explique au contraire le traitement que les médias, et TF1 en tête malgré son étiquette ridicule de "chaîne de droite", font subir au catholicisme et aux catholiques. Ces médias estiment donc avoir une "mission", celle d'éclairer nos pauvres esprits malades, et les institutions tout aussi malades qui nous accueillent, dont l'Eglise. C'est à nous de nous ouvrir aux idées bien-pensantes à la mode, portées donc par les médias. Une sorte donc de "bonne nouvelle" dont Mme Chazal serait un prophétesse : le mariage gay, la libération sexuelle, l'idéologie du foetus marchandise, etc.

Il est clair que l'Eglise catholique représente aujourd'hui l'un des rares forces capables de s'opposer à la bien-pensance progressiste (appelez cela comme vous voulez). Le discours de l'Eglise est cohérent, construit et stable, il touche bon an mal an des centaines de millions de personnes. C'est la principale force d'opposition au "progressisme commercial" tel qu'il se manifeste dans les grands médias, TF1 en tête. Vous avez gagné, Mme Chazal, je vous promet de lire avec attention St Augustin.


lundi 5 mars 2007

La repentance de Jean-Paul II : une manipulation médiatique

La repentance, c'est le titre d'un livre de Michel de Jaeghere (à la Renaissance catholique). La rubrique livre de Valeurs Actuelles en résume ainsi le propos :

" Cette tentative du pape d'apurer les comptes du passé afin d'aborder la nouvelle évangélisation sans être entravé par les malentendus historiques n'a pas du tout été ce qu'on a prétendu. (...) Michel de Jaeghere, textes à l'appui, démontre que les médias, avec la complicité d'une fraction de l'Eglise, ont systématiquement détourné les déclarations pontificales de leur sens pour transformer l'histoire de l'Eglise en une suite de crime abominables, et in fine, ruiner le dogme de l'infaillibilité pontificale. "

Comment ne pas penser à l'affaire de la visite de Benoit XVI en Turquie. Rappelez-vous : le pape favorable à l'entrée de la Turquie en Europe, le pape priant vers la mecque dans la mosquée bleue, etc. Du "pain béni" - si j'ose dire, pour la non-pensance multiculturelle & relativiste. Un peu trop béni même. J'avais rapporté à l'époque un article de la revue Chiesa qui mettait en cause une partie du "staff" du Vatican dans ce qui ressemblait fort à une manipulation médiatique.

N'étant pas au fait de la politique vaticane, et tenu par un devoir de "respect" à l'endroit de l'Eglise, je me garderais d'en dire plus. A tout le moins peut on retenir de cette affaire que lorsqu'il s'agit de l'Eglise catholique, du pape, et de la religion en général, les fidèles ne doivent pas se contenter de la voix des grands médias. Quand les journalistes bien-pensants deviennent l'interface obligatoire entre l'Eglise et les fidèles, c'est carrément notre survie qui est menacée.