mardi 20 novembre 2007
Par le conservateur,
mardi 20 novembre 2007 à 01:06 :: L'empire des livres
Ancien journaliste au Figaro passé depuis peu à Marianne, Eric Decouty revient, dans son livre, la "dictature du Moi Je", sur le "nouveau populisme" tel qu'il s'est exprimé par exemple lors de la campagne présidentielle. Remisées, les analyses d'experts, au placard, les programmes électoraux : le discours politique voulait coller aux préoccupations des électeurs au point d'en épouser la forme et le fond. A l'inverse du principe fondamental du marketing, selon lequel on crée le besoin chez le client plutôt que d'y répondre, les deux candidats principaux au Château ont rivalisé de proximité et d'empathie, subissant une "interpellation permanente". Jusqu'à oublier de préciser tout dessein pour la France (c'est un peu moins vrai pour Sarkozy que pour Royal), occupés qu'ils étaient à répondre aux besoins individuels. Comment revaloriser la retraite d'une ex-épouse handicapée de marin pêcheur mort à la guerre avec le passage à l'euro ?!? Voila qui intéressait plus les médias que la manière de contrer l'Iran.
Mr. Decouty a beau jeu de dénoncer ce nouveau populisme qui ringardise "ceux qui savent" au profit de "ceux qui souffrent", évoquant au passage la dictature des victimes, investies de tous les droits, quand les autres seraient finalement taillables et corvéables à merci. Reconnaissons avec Eric Decouty que les authentiques victimes d'Outreau ne sont pas pour autant qualifiées pour proposer une réforme de la Justice, quoi qu'en pense TF1.
Au delà d'un constat déjà pratiqué sur ce blog (et tant d'autres ;-), nous ne pouvons suivre Mr. Decouty. Celui-ci prétend revaloriser la position du journaliste : Non, un journaliste n'est pas là seulement pour commenter les dépêches AFP, s'écrie-t-il ! Eh bien, que je suis heureux de l'entendre dire !! En effet, rien de plus singulier que de voir les dépêches d'agences côtoyer les vrais articles sur les sites internet de la presse nationale. Qui n'a pas déjà constaté qu'un article du Figaro ou du Monde contredisait le titre ou la teneur d'une dépêche AFP publiée sur le même site ?! Mais comment pardonner aux journalistes lorsqu'ils utilisent à outrance la même phraséologie débile ou partisane que les agences, voire les officines de l'ombre ? Ainsi, à qui doit on imputer la culpabilité de l'utilisation généralisée du terme "assemblée générale" dans le contexte des occupations et blocages illégaux d'université, alors que les-dites AG n'ont aucun fondement légal ? C'est en raison de la paresse et de la duplicité des journalistes, que beaucoup d'entres eux se voient aujourd'hui, soit rendus inutiles par les "fils de news" des agences, soit dépassés par certains blogueurs ...
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