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mercredi 20 février 2008

Emile Mâle et la sainteté du moyen âge

Quelle plume magnifique que celle d'Emile Mâle ! Nombreux furent les secrets que cet infatiguable voyageur du temps rapporta des landes embrûmées et lointaines de notre beau Moyen-Age ! Un age si mal compris, dont il nous parle pourtant d'une manière si poétique et bienveillante ... Loin des monastères glacés et sanglants d'un Umberto Eco, le moyen-âge d'Emile Male est poétique, facétieux, farouche ou grandiose, mais jamais inhumain.

Ce savant mériterait le Panthéon ! Sa plume, elle, fut recue académicienne. Son oeuvre, enfin, mériterait d'être enseignée au Lycée. Il en existe, je crois, des recueils de morceaux choisis. Sa seule lecture, on n'en peut douter, éclairerait de nombreux élèves, dont l'ignorance savamment entretenue, si j'ose dire, conduit au dédain pour les arts français. Hasard de l'ironie, un des premiers articles publiés par notre bon Mr. Mâle préconisait justement l'enseignement de l'histoire de l'art au lycée ...

L'Eglise de France eu donc le culte de son passé, et de bonne heure elle demande à l'art de le célébrer. Elle était fière de ses saints, qui formaient une suite ininterrompue, une longue frise héroïque. Les siècles les plus stériles (*), ceux qui n'avaient eu ni écrivains, ni poètes, ni artistes, avaient eu leurs saints. Ces siècles n'étaient pauvres qu'en apparence, puisque, au sentiment des hommes d'alors, les saints étaient les chefs-d'oeuvre de l'humanité. Comme Pascal, l'Eglise du moyen âge mettait l'ordre de la charité bien au dessus de l'ordre de l'intelligence ; c'est pourquoi le moindre ermite, qui dans sa solitude avait réussi à se vaincre lui-même, méritait à ses yeux d'être éternisé par l'art.

L'athlète avait été l'idéal de la Grèce antique, l'ascète devint l'idéal des temps nouveaux. Au moyen âge, les hommes de notre race (**), quand ils ont été grands, ont toujours été des ascètes ; toujours ils ont méprisé le voluptueux Orient, ses harems, ses parfums, la courbe voluptueuse de ses arabesques. Cette longue lutte de l' Occident contre l'Orient, c'est la lutte éternelle de l'esprit contre les sens. La plus haute expression du moyen âge, c'est le soldat qui se sacrifie, le moine qui prie, le saint qui foule aux pieds la nature. Le saint, voilà le vrai héros de cet âge ; c'est lui qui par l'enthousiasme qu'il excitait soulevait l'humanité, l'arrachait à son limon.

Encore aujourd'hui, le peuple qui sent instinctivement ce qu'il y a d'extraordinaire dans la sainteté, conserve la mémoire des saints. Les paysans bourbonnais, qui ont oublié les noms de rois de France, connaissent encore saint Patrocle et saint Marien qui vivaient du temps de Grégoire de Tours. Et, nous aussi, le nom d'un saint inconnu nous intéresse, l'endroit où il a vécu nous émeut. L'ermitage, la cellule, le monastère habités par le saint, conservent quelque chose de religieux, comme chez les anciens ces lieux sacrés qu'avait touchés le feu du ciel.


in L'Art religieux du XII ème siècle (1 ère éd. 1923)

(*) les temps mérovingiens

(**) pris au sens de "race occidentale"


mercredi 7 février 2007

Un "château de la Loire" à Neuilly-sur-Seine.


Tous les habitants de Paris ouest connaissent l'avenue de Madrid ou la rue du Château à "Sarkoville". Mais qui connaît l'origine de ces noms ? Tout simplement le seul souvenir d'un château de la Renaissance dans le goût de Chambord, et qui, si le 18 ème siècle finissant avait daigné l'épargner, serait sans conteste un haut lieu "parisien".




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